‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 150 sur 294 · I. « Nunc ei inde gratiam non habco. » Fitzst. page · texte numérisé non relu

I. « Nunc ei inde gratiam non habco. » Fitzst. page

maximes fondamentales du royaume les coutumes régahennes de son aïeul? Un contemporain nous l'a dittout-à-l'heure: en écoutant des conseillers qui affirmaient la parfaite légitimité de ces maximes, attendu qu'elles n'étaient pas contredites par l'Écriture. Quelques évêques murmuraient, mais aucun n'osait parler • pas un ne s'était levé pour rappeler à Henri l'existence de l'Eglise, seule dépositaire du sens des Écritures comme de la tradition, constituée par le Fils de Dieu pour garder ce double trésor et en développer les ressources avec une autorité souveraine et infaillible L'Eglise n'avait-elle donc jamais, l'Écriture en main condamné ni réprouvé des maximes analogues, identiques même, à celles que professait le Roi d'Angleterre? Oui, elle l'avait fait; mais pas un évêque, parlant comme docteur et pontife, n'osait dénoncer la contradiction. Henri II pourtant était chrétien, il avait la foi; peut-être des remontrances autorisées l'auraient-elles arrêté sur une pente fatale. Mais quoi qu'il pût advenir, le silence était une prévarication de la part des évêques, et le primat regardait le devoir épiscopal comme plus pressant encore pour lui chef de l'Eglise d'Angleterre. Il parla donc, laissant au Roi la responsabilité de l'œuvre mauvaise qu'il poursuivrait peut-être, après avoir entendu solennellement proclamer la vérité. Que si Henri ne voulait pas renoncer a ses faux principes, qui portaient droit au schisme et à l'hérésie, du moins il saurait d'avance qu'en face de lui se dresserait un pontife, auquel la voix de la conscience commanderait la résistance, et une résistance par là même invincible. Au Roi de décider s'il voulait quand même engager pareille lutte. Croit-on qu'un tel avertissement n'était pas l'acte le plus habile et le mieux fait pour prévenir un conflit? Mais Henri

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