CHAPITRE Xni
l'Archevêque par Jean de Cantorbéry, l'ancien ami de Thomas Becket, sacré depuis peu cvêque de Poitiers (i). De hauts officiers de la couronne étaient venus lui intimer, au nom du Roi, une série de défenses équivalentes à la suppression de la cour de justice épiscopale. Jean se hâta d'avertir l'Archevêque de Cantorbéry. Celui-ci, hélas, n'avait rien a apprendre; du moins la lettre de l'évêque de Poitiers pouvait-elle lui servir à prouver qu'il n'était pas responsable de la lutte, que sa personnalité n'était point seule en jeu dans un débat aussi grave, et qu'il y avait bien réellement là une question de principes. Un nouvel incident, plus malheureux encore que les autres, vint ouvrir une issue aux prétentions royales, qui jusqu'alors avaient partout échoué contre la fermeté et l'habileté déployées par le primat.
Tandis que Thomas se multipliait comme un chef vigilant, protégeant son troupeau, écrivant lettres sur lettres pour donner l'alarme aux prélats du continent et jusqu'à la cour pontificale, on jugeait au tribunal de Tévêque de Lincoln un chanoine de Bedford, Philippe de Brois, accusé d'avoir tué un chevalier. Après débat, l'accusation fut reconnue fausse et le chanoine mis en liberté. Mais quelques jours plus tard survint Simon Fitzpeter, shérif et en môme temps juge itinérant de Bedford, qui prétendit reprendre la procédure, et fit comparaître à sa barre Philippe de Brois. Le chanoine était de bon lignage ; il traita de haut le juge itinérant dont l'initiative était au moins étrange ; mais il se donna le tort de s'emporter et de laisser échapper quelques paroles offensantes. Simon Fitzpeter s'en alla, toute affaire cessante, porter plainte au Roi, qui dans