CHAPITRE XIV
de faire dirimer ces causes par des chrétiens qu'ils choisiront [ii ; or, n'est-il pas clair que le nom de révêque devait se présenter de suite à l'esprit des chrétiens, lorsque l'Apôtre leur demandait « s'il n'y « avait parmi eux personne d'assez sage pour pouvoir « prononcer ? //
Des Apôtres ces enseignements passent à leurs successeurs, et puis à tous les siècles. Les droits temporels de l'Église se développent et s'affirment peu à peu, même durant l'âge des persécutions. O honte ! les païens comprenaient ce que plus tard des chrétiens ne voulurent plus comprendre ; ils tenaient pour sacrés la personne des prêtres et les biens voués au culte des dieux. Aussi, lorsque les empereurs commencèrent à faire partie de l'Église, nulle difficulté issue des mœurs ne s'opposa-t-elle à la déclaration graduelle et progressive des franchises du clergé. Constantin refusait de juger les clercs; Justinien, le légiste, reconnaissait la juridiction ecclésiastique en matière civile. Pendant cinq siècles et plus, le moyen-âge vit se développer tous les ressorts de la société parfaite fondée par Jésus-Christ. L'expression la plus haute et le résumé complet des immunités ecclésiastiques furent enfin montrés au monde en la personne du Pape-Roi, vicaire du Christ-Roi, libre de toute sujétion humaine, et le front ceint d'une couronne sacrée bien que terrestre. Nul prince ne peut sans sacrilège porter la main ni sur ce royaume, dont la terre est devenue inviolable parce qu'elle est le patrimoine de saint Pierre et appartient à Dieu, ni sur la personne du Pontife, parce qu'il est pontife et tient ici-bas la place de Jésus- Christ. A cette royauté sont attachés légitimement le