‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 163 sur 294 · I. I Cor. Vf, I · texte numérisé non relu

I. I Cor. Vf, I

pouvoir législatif et le pouvoir coercitif dans toute leur plénitude ; et au-dehors même de ses frontières terrestres, le Pontife Souverain est juge suprême non point seulement en des causes purement spirituelles, mais aussi en des causes où l'ordre temporel se trouve largement engagé : en quelques circonstances, pour sauvegarder les peuples, le Pape dut juger même les rois. Pouvoir exceptionnel, redoutable pour la main qui l'exerce, mais compris dans le pouvoir général de lier et de délier quoi que ce soit, conféré par le Christ à son Vicaire. Il ne fallait pas moins pour affirmer plus haut que toute contestation la liberté du « royaume « de Dieu. » Libre à l'égard de tous les princes de la terre, à raison même de son étroite relation avec l'Homme-Dieu, le Pontife-Roi affirme dans toutes les provinces de l'Église les droits souverains de Celui dont il tient la place, par les immunités de la hiérarchie dont il est le chef. C'est pour elles que saint Anselme lutte en Angleterre au moment précis où la Papauté soutient contre le César allemand, pour la même liberté, les luttes célèbres que l'on connaît. Toujours la même connexité se révèle durant les siècles ; que le potentat qui se pose en héritier des césars païens s'appelle Henri de Franconie, Frédéric de Souabe ou Napoléon, qu'il porte un nom cent fois moins illustre, ou se nomme seulement Légion, toujours ses attentats contre la liberté du Pontife romain ont un douloureux et prompt retentissement dans toute la chaîne des libertés ecclésiastiques, et la dernière immunité du dernier clerc dans l'Église en est ébranlée, bientôt anéantie. Inversement, dès que le privilège de clergie est mis en question d'une manière sérieuse, on ne tarde pas à voir atteintes par contre-coup les libertés vitales sans lesquelles l'Église ne pourrait sub-

Page 1