‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 172 sur 294 · I. Rog. Pontin., pag · texte numérisé non relu

I. Rog. Pontin., pag

— Point de restrictions, s'écrie le Roi ! Je réclame « une promesse absolue, sans conditions. »

Les évêques, soutenus par l'exemple du primat, demeurent fermes, et tous successivement promettent l'observation des coutumes royales sauf les droits de leur ordre. Seul Hilaire de Chichester se hasarde à changer la formule convenue, et promet d'observer de bonne foi les coutumes. Dans la langue juridique du siècle, c'est l'équivalent d'un serment; mais il ne sert de rien au faible prélat, qui reçoit du Roi une réponse dure et menaçante. « C'est un véritable complot! » s'écrie Henri hors de lui ; et revenant à l'Archevêque, il essaie de l'intimider par les éclats de sa colère injurieuse. Thomas ne se laisse pas influencer :

« Sire, dit-il, la restriction que nous formulons figure « dans le texte même de l'hommage que nous vous « avons juré lors de notre sacre. Ce serment garantit « notre fidélité à remplir nos devoirs de sujets dans « les termes où il a été prêté. Au reste, la formule que « vous rejetez est en usage dans toute la chrétienté; « nous n'y pouvons renoncer ».

Il n'y a pas de réponse honnêtement possible à la réplique du primat. Henri voyant l'heure avancée en profite pour lever brusquement la séance et sort en proférant des menaces contre les évêques. L'assemblée se sépare sous une impression de douloureuse appré^ hension ; mais à ce moment l'Archevêque, passant auprès de Hilaire de Chichester, lui adresse une verte réprimande pour s'être permis de changer, sans consulter personne, la formule arrêtée d'un commun accord ; cela, au risque de briser l'unité compacte qui seule, en un moment si grave, pouvait permettre une résistance heureuse. Comme un vigilant chef, Thomas prenait tous les moyens de maintenir la cohésion parmi les

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