CHAPITRE XV 26 I
Qu'il garde son âme en pcitience, et endure la tribulation en esprit de pénitence pour ses péchés passés. Le Souverain Pontife l'invite à interjeter sans crainte, à Toccasion, appel au Saint-Siège, mais il lui enjoint de rentrer à Cantorbéry pour n'en sortir que le moins possible. Cette prescription répond à quelques mots de la lettre de l'Archevêque, où le lecteur aura vu sans doute une allusion très claire aux idées de fuite qui avaient traversé l'esprit de Thomas. Le Pape insiste donc, et déclare que nulle crainte, nulle adversité, ne doivent donner au primat la pensée de descendre de son siège. Il est évident qu'Alexandre III redoutait par-dessus tout pour l'Église d'Angleterre les suites qu'entraînerait l'exil de l'Archevêque. Maître Henri s'était chargé de faire éclaircir ce point par le Saint- Père lui-même, en demandant s'il ne serait pas bon que Thomas vînt en personne plaider sa cause devant le Souverain Pontife. A quoi celui-ci avait répondu : « Non, non ! à Dieu ne plaise ! Plutôt mourir que « de voir ainsi l'Archevêque sortir du royaume lais- « sant son Église en proie à la désolation (i). »
Presque en même temps que la lettre pontificale, Thomas recevait du Roi l'ordre de venir à Northampton, où Henri 11 lui donnait rendez-vous (2). Fort des défections qui venaient de se produire dans les rangs des évêques, le prince voulait essayer de peser sur le primat en l'attaquant isolément, pour amener le retrait de la clause restrictive formulée à Westminster. Thomas se mit en route. Comme il approchait de Northampton, Henri lui fit signifier d'avoir à s'ar-