CHAPITRE XVII
les sentiments de réprobation excités par de telles entreprises ; le roi Louis le Jeune ne s'en taisait pas plus que personne. En outre, le piège auquel Henri II pensait prendre le Pape était si grossier, qu'Arnulf lui-même ne pouvait être assez habile pour le masquer. Alexandre III lui répondit simplement : Le siège d'York a toujours été considéré comme inférieur à celui de Cantorbéry, « et il le sera tant que je « vivrai. » Quant à l'acte pontifical au sujet des coutumes, le Pape s'y refusa, et les agents du Roi durent venir exposer à leur maître toute l'étendue de leur échec. Mais un nouveau négociateur s'entremit alors : c'était Rotrou, fils du com.te Warwick, alors évêque d'Évreux, et bientôt archevêque de Rouen ; prélat d'humeur débonnaire, qui eût aimé voir le monde couler pacifiquement ses destinées, et paraissait difficilement comprendre que « la paix dût être l'œuvre « de la justice (i); » au demeurant, plein de bonnes intentions. 11 vint trouver le Roi à Porchester, et lui conseilla de se réconcilier simplement avec l'Archevêque : « La paix ne sera possible, répondit Henri, « que le jour où j'aurai une bulle du Pape confirmant « les coutumes royales. » Rotrou n'objecta rien; au contraire, il entra dans les vues du maître, s'en fut bonnement solliciter le concours de l'Archevêque de Cantorbéry pour obtenir la confirmation demandée par le Roi, et ne s'étonna point de l'obtenir. Thomas ne souhaitait autre chose que de remettre entre les mains du Souverain Pontife une affaire où la discipline de l'Eglise était si fort engagée ; c'était de plus un moyen de prouver sa bonne volonté, à bien peu de frais, il faut l'avouer; car la réponse du Pape