I. Et erit opus justitiic pax. (Is. xxxii
ne pouvait être douteuse que pour l'évêque d'Évreux. Celui-ci n'avait vu dans l'échec d'Arnulf que le résultat d'une campagne mal préparée; mais en munissant les négociateurs de pièces aussi décisives qu'une requête écrite par le primat, on devait certainement avoir gain de cause. Par surcroît on y joignit une lettre dans le même sens expédiée par l'archevêque d'York. Quelle difficulté pourrait donc opposer le Pape ? Néanmoins, pour plus de sûreté, l'on choisit de nouveaux agents; Arnulf et Richard durent céder la place à Jean d'Oxford et à Geoffroy Ridel. Ce dernier était l'archidiacre même de Cantorbéry, hostile à l'Archevêque depuis lors et jusqu'à la fin avec un acharnement révoltant; mais Jean d'Oxford, clerc de la chapelle royale, était plus dangereux. Ambitieux, habile, sans scrupules d'aucun genre, menteur et parjure au besoin, il ne devait pas tarder à mériter le sobriquet de Jean le Jureur. Aussi dans la carrière où il débutait devait-il devenir jusqu'au bout le bras droit du Roi. S'il était dans toute cette histoire un type qui pût faire croire à la perversité du clergé anglais telle que la dépeignait Henri II, ce serait bien celui de l'homme que Plantagenet choisissait précisément pour son auxiliaire (i).
Arrivés à Sens, les -deux agents du Roi présentèrent
I. Pour le récit de cette ambassade nous nous en rapportons à la lettre d'Alexandre III adressée à rArchevêque de Cantorbéry, « Etsi pro animi » [Materials^ t. v, page 85), non au triple récit de Garnier, de Guillaume et de Roger de Pontign}\ Ceux-ci ont fait une confusion singulière, ou du moins les deux derniers. Garnier ayant dit : « La legaciun ferra au Rei aveir », et semblant donner à entendre que c'est bien le Roi lui-même qui fut nommé légat, Guillaume et Roger ont affirmé la chose beaucoup plus nettement encore. Mais d'après la lettre du Pape, le Roi ne fut que chargé de transmettre la nomination de Roger de Pont-l'Evêque comme légat. C'est un des exemples les plus frappants des emprunts très nombreux faits à Garnier par les deux autres. Ici les trois récits se suivent de point en point.