‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 195 sur 294 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Heureusement le Roi ne calcula pas tout le parti qu'il pouvait tirer du diplôme pontifical. Trois semaines n'étaient pas écoulées que les mandataires de l'Archevêque à la cour de Sens lui envoyaient de bonnes nouvelles. On venait de voir arriver deux nouveaux ambassadeurs députés par Henri Plantagenet. Reçus en audience par le Souverain Pontife, ils lui avaient rendu les Lettres apostoliques naguère écrites par Alexandre III, voilant un procédé aussi étrange sous les protestations les plus emphatiques de dévouement et de respect. Les cardinaux attachés au Roi faisant écho à la rhétorique des anglais, la scène avait presque tourné au ridicule, tant la feinte émotion de ces gens-là était exagérée. Il ne fallait pas moins d'ostentation pour faire pardonner le refus d'une pièce officielle émanée du Souverain Pontife. Quant au Pape, il ne s'était pas arrêté à considérer la gravité du fait, et avait saisi le parchemin avec un empressement remarqué de tout le monde ; car il éprouvait un véritable soulagement à annuler ainsi un acte dont il avait trop tard compris toute la portée dangereuse. A Cantorbéry la satisfaction ne fut certainement pas moindre qu'à la cour de Sens.

Les cardinaux partisans du Roi tentèrent, il est vrai, de réparer la maladresse du prince, et insistèrent pour que le Pape conférât au métropolitain d'York des pouvoirs effectifs au lieu d'un vain titre. Le Roi, disaient- Is, blessé par les restrictions imposées à ses volontés, avait rejeté une satisfaction illusoire, mais il témoignerait plus de respect envers le Saint-Siège

ment acquise à l'Archevêque et que les fluctuations dans Tattitude du Pape à regard de saint Thomas étaient dues ei des influences étrangères, aux circonstances politiques, mais non pas aux sentiments personnels du Pontife. La correspondance d'Alexandre III en fait foi, ainsi que celle des agents de l'Archevêque.

si le Souverain Pontife lui accordait une faveur réelle. Assurément ; et c'était précisément pourquoi le Pape n'en voulait plus entendre parler. Il laissa les nouveaux agents du Roi récriminer contre les agissements de Jean d'Oxfoi'd dont ils ne comprenaient pas l'habileté, intriguer à la cour, et malheureusement conquérir de nouveaux partisans ; mais comme l'écrivait le correspondant de l'Archevêque, la légation était morte, et le Pape entendait bien ne point la ressusciter.

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