CHAPITRE XVin
« recevoir honorablement; ils ont mis à mon service
« les terres et la maison du comte, puis m'ont conduit
« jusqu'aux portes de Saint-Omer, sans que j'aie eu à
« solder aucun péage. A mon arrivée dans la ville, j'ai
« trouvé un certain moine, appelé Marsille (i), qui
« réside ordinairement à Chilleham ou à Throwiey ;
« il m'a introduit à Saint-Bertin où la réception a été
« des plus empressées. Ce monastère est évidemment
« tout dévoué à votre cause et à l'honneur de votre
« Église ; vous feriez bien, à l'occasion, de remercier
« le comte et les religieux. De Saint-Bertin je suis
« parti pour Arras. Là j'ai appris que le comte
■« Philippe (2) était au château d'Écluse, l'ancienne
« forteresse où se défendit si longtemps jadis Guil-
« laume de Loo. Je m'y suis donc rendu, et le Seigneur
« dans sa bonté a si bien conduit mes pas que j'ai
« rencontré tout près de la grand'route celui que je
« cherchais. Le comte se livrait au divertissement
« des hommes de sa noble condition, chassant à
« l'oiseau parmi les étangs, les marais, les cours d'eau
« et les sources (3). Il a été charmé de pouvoir con-
« naître la vérité sur les choses d'Angleterre, et je ne
« l'étais pas moins que lui de n'avoir point à l'aller
« chercher plus loin. Il m'a beaucoup questionné sur
« le Roi, sur les barons; j'ai répondu de telle sorte « que ma conscience n'eût pas à me reprocher de
« mensonge, et que pourtant on ne pût m'attribuer à
« l'égard du Roi des paroles téméraires. Au récit de
« vos tribulations le comte s'est apitoyé ; il vous pro-
« met son appui. Si vous en avez besoin, il fournira