‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 198 sur 294 · Comte de Flandre, fils de Thierry d'Alsace · texte numérisé non relu

Comte de Flandre, fils de Thierry d'Alsace

3. Ces détails désignent bien clairement les environs^^de Douai, non point ceux de Cassel comme l'a cru certain auteur. (Cfr. Materials, t. V, page 96, etc.).

« des vaisseaux ; prévenez-le seulement en temps « opportun. Mais si vous n'en avez pas le loisir, en- « voyez votre intendant qui, au nom du comte, fera « marché pour les transports par mer et par terre.

« Ces conventions arrêtées, j'ai pris congé de Phi- « lippe de Flandre ; le lendemain j'étais à Noyon. Ne « sais vraiment comme il se fait que la renommée in- « quiète et volage ait si tôt publié tous les malheurs « de nos Églises. Partout où j'arrivais, j'apprenais sur « les parlements de Westminster et de Clarendon des « détails que je n'avais point connus de l'autre côté du « détroit ; tout cela, naturellement, chargé en couleurs « et bien exagéré. Je faisais de mon mieux pour dis- « simuler la vérité sur tout ce que l'on racontait, mais « on ne m'en croyait guère. Imaginez que le jour même « où j'arrivais à Noyon, le comte de Soissons exposait « en détail et dans leur ordre tous les fameux articles ! « 11 n'eût pas été plus exact s'il eût assisté au parle- « ment, et non point seulement aux réunions générales « mais aux entretiens les plus secrets. On me persua- « dera difficilement que les Français n'ont pas eu là « de bons espions, de leur nation ou de la nôtre. Le « doyen de Noyon, homme d'une foi intègre, avait « appris avec grande douleur les coups qui vous « avaient frappé. Il est tout prêt à vous recevoir, à « donner pour vous et pour l'Église de Cantorbéry « tout ce qu'il possède et jusqu'à sa personne. Il voulait « aller à la cour ; mais n'ayant pas sur votre position « des renseignements assez positifs, il a préféré les « attendre.

« J'ai appris alors que le Roi de France était à Laon « avec l'archevêque de Reims, qui auprès de lui se « préparait à négocier avec ses ennemis. D'abord j'ai « songé à les aller trouver ; mais à cause de la guerre

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« que mènent contre rarchevcque le comte de Roucy « et d'autres seigneurs, j'ai pris le chemin de Paris (i),

« Après quelques jours passés à m'assurer un gîte « et à mettre en ordre mes pauvres hardes, je suis allé « au-devant du Roi, et lui ai tout expliqué. En deux « mots, il est plein de sympathie, vous promet assis- « tance, affirme avoir écrit en votre faveur au seigneur « Pape, et promet de le faire encore si besoin en est, de « plaider même de vive voix aussi puissamment qu'il « pourra. Je l'ai salué ensuite de la part de sa fille (2), « que j'avais vue en bonne santé tout dernièrement « en allant prendre congé de la reine :

— Ah ! m'a-t-il répondu, je voudrais bien que les « Anges l'aient reçue déjà en leur saint Paradis!

— Cela viendra. Dieu aidant, sire ; mais pas avant « que la princesse ait fait le bonheur de ses peuples.

— Plaise à Dieu ! Mais il y a bien plus à craindre « qu'elle ne soit pour les peuples une cause de grands « malheurs. Je n'augure rien de bon de sa destinée : « puisse mon cœur de père se tromper (3)!

» Les Français craignent notre Roi autant qu'ils le « détestent ; mais il n'y a pas là de quoi l'empêcher de « dormir.

"'' N'ayant pu joindre l'archevêque de Reims, j'ai « écrit à l'abbé Saint-Rémi (4), mon ami très particu-

1. Ici Jean de Salisbury se laisse aller à sa joie de revoir Paris, dont il décrit les beautés : << Félix cxsilium, cui locus iste datur », redit-il avec le poète. Nous passons.

2. Marguerite de France, mariée toute enfant à Henri Court-Mantel (ci-dessus, page 131).

3. Louis fait ici allusion aux premières guerres causées par le mariage précipité de la princesse, et à celles qui peuvent suivre si la »ance ne veut pas laisser aux mains des Anglais les forteresses qu'ils ont acciuises par ce mariage, sur la frontière normande.

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