‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 199 sur 294 · Pierre de Celle · texte numérisé non relu

Pierre de Celle

« lier, pour qu'il agisse à ma place. Au reste je vous « conseillerais d'envoyer au prélat quelque petit pré- « sent par un des moines de Boxley ou autre messager « fidèle, afin de gagner ses bonnes grâces. Quelle que « soit sa valeur personnelle, il tient une grande place « dans le royaume, et peut beaucoup en cour de Rome, « tant à cause du Roi son frère qu'à raison de la « dignité du siège de Reims (i).

« Je ne me suis pas encore présenté à la cour pon- « tificale, voulant le moins possible m'exposer aux « soupçons; et on le sait assez autour du Pape, « ainsi que me l'a certifié le seigneur évêque de « Poitiers dans une de ses lettres. Mais après avoir « reçu la vôtre, j'ai sur-le-champ écrit aux cardinaux « Henri de Pise et Guillaume de Pavie, en exposant « tout au long quel malheur ce serait pour l'Église « romaine que les entreprises menées contre vous « vinssent à réussir. Je ne me suis pourtant pas mis « en route, ne sachant pas encore au juste si l'abbé « de Saint-Augustin ou l'évêque de Lisieux n'allaient « pas arriver à la cour. S'ils y paraissent, maître Henri « est là pour m'en aviser.

« Maintenant que pouvons-nous espérer ? C'est ce « que je ne vois pas encore clairement. Contre vous « il y a bien des choses, et pour vous très peu. Nous « verrons arriver des personnages puissants, qui « jetteront l'argent à pleines mains... et seront forts « de l'appui du Roi, sans compter leur crédit person- « nel (2). Ils se présenteront munis de privilèges con-

1. Il s'agit ici de Tarchevêque Henri, frère du Roi Louis VII, d'abord moine de Clairvaux, puis évêque de Beauvais, enfin archevêque de Reims ; prélat dont l'épiscopat fut continuellement troublé par de sanglants démêlés avec les bourgeois ou la noblesse.

2. Nous avons supprimé ici quelques mots injurieux à l'Église romaine. S'il est hélas trop vrai que, dans toute la querelle dont nous retraçons

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