‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 20 sur 294 · Gerv. Cant. t. i, page · texte numérisé non relu

Gerv. Cant. t. i, page

2. Chronic. Roberti de Monte, ann. 1138. « Adnilente Rege Stephano « et Regina, Tebaldus Abbas Beccensis ecclesiae, vir admodum vene- « randus, Cantuariensis ecclesiai Archiepiscopus effectus est ». (Ap. Bouquet, t. xiii, page 288).

compatriote et ami de Gilbert, par conséquent, semblait-il, protecteur désigné de Thomas. Maître Eustache de Boulogne, et son frère l'archidiacre Baudouin, qui venaient souvent l'un et l'autre visiter Becket, insistaient vainement pour attirer le jeune clerc du shérif Osbern dans les rangs des solliciteurs que l'on voyait affluer auprès de l'Archevêque de Cantorbéry. Un chevalier normand, surnommé Baillehache, maréchal de la cour primatiale et grand ami de Gilbert, joignait ses instances à tout ce que d'autres avaient pu dire pour tirer de l'obscurité un homme évidemment destiné à briller. Mais rien ne pouvait décider Thomas à présenter une requête au primat d'Angleterre (i).

Et cependant il était pauvre ; d'autant plus pauvre qu'il continuait à suivre ses goûts généreux et donnait à ses jeunes amis tout ce qu'il possédait, sans songer à lui-même. Un récit qui reviendra sous notre plume quand nous en serons à écrire l'histoire glorieuse du martyr, jette un jour singulier sur la première période de sa vie. Nous apprenons qu'alors il tomba malade à Croydon, chez un clerc nommé Thurstan. Il fallut qu'un homme du voisinage se mît, pour l'amour de

I. Nous nous écartons sur ce point des récits de Jean de Salisbury et de Herbert. Mais il faut observer que Roger de Pontigny, qui suit habituellement Fabrégé de Jean, n"a pas hésité ici à le contredire ; c'est évidemment parce qu'à Pontigny même il avait entendu raconter autrement les choses. D'ailleurs sa version concorde avec celle de Fitzstephen et de Guillaume, quant à l'intervention décisive des amis de Thomas. En étudiant de plus près l'histoire des dix années qui suivirent l'entrée de saint Thomas à la cour de Cantorbéry, nous nous sommes convaincus que Becket avait dû réellement être influencé par la conduite de Thibaut, et poussé par ce motif à s'éloigner du primat pendant un an au moins ; les considérations morales que présente Roger de Pontignv pour expliquer cette répugnance sont en contradiction directe avec les sentiments que Herbet prête à Thomas Becket. Tous deux ont pu voir et consulter le saint à ce sujet: auquel croire? Nous avons cherché dans les faits la solution de cette difficulté.

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