CHAPITRE XVIll 31 r
saient en actes, il était partout sur la brèche. Herbert le compare alors au bûcheron infatigable dont la cognée abat et met en pièces les ronces et les arbres mauvais qui envahissent la bonne terre. Que le nombre de ses ennemis allât croissant, il n"v prenait plus garde : quant au Roi. il était assailli de plaintes contre les énergiques mesures adoptées par rArchevèque de Cantorbéry. A coup sûr il n'en fallait pas tant pour provoquer les fureurs d'un Plantagenet ; mais depuis que le Souverain Pontife avait refusé d'approuver les coutumes, il était difficile d'en prendre texte pour une action personnelle contre le primat; il fallait attendre quelque incident où le Roi fût mis en cause. Henri le provoqua-t-il ? Sa conduite subséquente l'a donné à croire 11 . Toujours est-il que la cour archiépiscopale fut un jour saisie d'une plainte, portée par un certain Jean Maréchal, qui réclamait comme sienne la terre de Mundeham. dépendance du manoir de Pagham : or ce manoir appartenait à l'Archevêché.
Qu'était Jean Maréchal ? Un membre de l'Échiquier, par conséquent un personnage d'importance ; mais en dépit de sa position, il se souvenait d'avoir un jour encouru la colère de Henri en prédisant tout haut que le jeune Roi, alors en Normandie, ne mettrait pas le pied sur le sol de la Grande-Bretagne : l'enchanteur Merlin l'avait annoncé ; du moins Jean avait vu cela dans les prédictions obscures du vieux magicien, que l'on tenait alors en très haute estime (2). Mais le Roi, après une heureuse traversée, s'était montré en débar-
1. Gerv. Cant., t. i, page 182, ad ann. 1164; « Rex Angliœ... jam edoctus multiplici co.ijitatione et pravorum eruditione qinbus euni pravitatum laciueis inni>daret, prœccpit prcesules et proceres regni apud Northamtoniam