‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 209 sur 294 · CHAPITRE MX 3I · texte numérisé non relu

CHAPITRE MX 3I

et des deux châteaux eux-mêmes, ainsi que chacun pouvait le constater de ses yeux (i). Le Roi répliqua que tout cela s'était fait sans autorisation, et qu'il soumettait la cause au jugement du parlement. Thomas, en effet, n'avait consulté pour ces dépenses que son dévouement au souverain, l'aidant ainsi de ses deniers. La haute cour n'en était pas moins prête à obéir docilement aux volontés du maître ; Thomas offrit alors caution pour cette seconde somme. Le comte de Glocester, un feudataire de l'Archevêché, enfin Guillaume d'Eynesford lui-même, furent ses garants.

C'était déjà beaucoup de mauvaise besogne pour la seule journée du jeudi ; mais Henri Plantagenet n'avait pas encore assouvi sa haine. Le lendemain, vendredi 9 octobre, il formula dans une nouvelle séance des exigences qui montraient clairement où il en voulait arriver. Toujours des questions d'argent : d'abord le remboursement de cinq cents marcs prêtés au Chancelier pendant la guerre de Toulouse ; puis de cinq cents autres marcs avancés, sur la garantie du Roi, par un juif; ce nom là ne pouvait manquer à tant de scènes odieuses. Enfin, et tout d'un coup, l'état justificatif des sommes perçues au nom du Roi par le Chancelier, en vertu de sa charge, sur les évêchés et abbayes vacants ! Thomas n'eut point de peine à faire comprendre qu'il était pris au dépourvu par de telles réclamations ; pour y satisfaire, il lui eût fallu des travaux préparatoires, et on ne lui en avait pas même suggéré la pensée. Il demanda qu'au moins on lui permît d'en délibérer avec ses suffragants et les clercs de sa maison. C'était une trop faible ressource pour que le Roi crût devoir l'arracher à sa victime.

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