‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 228 sur 294 · Evidemment au lieu dit encore aujourd'hui Muncq-Nieurlet · texte numérisé non relu

Evidemment au lieu dit encore aujourd'hui Muncq-Nieurlet

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bord de laquelle était assis le monastère de Clairmarais. C'était une fondation de Saint-Bernard, jeune encore, puisqu'elle ne datait que de vingt-cinq ans.

L'Archevêque fugitif reçut l'accueil que l'on peut imaginer de la part des moines, qui voyaient en lui non-seulement un illustre confesseur de la liberté de l'Église, mais encore un ami personnel du grand abbé de Clairvaux. Sous leur toit hospitalier, Thomas se reposait depuis quelques heures, lorsqu'il eut la joie de voir arriver son fidèle Herbert. Ce fut entre eux un échange animé de questions et de récits. Le primat disait les péripéties de son audacieuse odyssée; Herbert, tout ému de retrouver son maître sous les livrées si nouvelles de la pauvreté la plus extrême, ne parvenait pas à dominer ses sentiments douloureux pour satisfaire la légitime curiosité de Thomas. Celui-ci, plus fort que l'adversité, consolait son ami, en lui rappelant les paroles de Job : « Si nous avons reçu les biens » de la main du Seigneur, pourquoi n'en recevrions- " nous pas de même les maux? »

Revenu un peu à lui, Herbert raconta enfin comment il avait accompli sa mission. Protégé par l'ordonnance même que Henri H venait de faire publier à Northampton le 13 octobre, il était sorti de la ville et avait gagné Cantorbéry, avant qu'aucun désordre n'eût lieu. Réunir à la hâte quelque vaisselle d'argent, et comme valeurs monnayées une centaine de marcs, était tout ce qu'il avait pu faire. Puis à la première occasion, bénéficiant d'une seconde ordonnance royale, il s'était embarqué avec son mince bagage pour s'arrêter enfin à Saint-Omer. Depuis quatre ou cinq jours il résidait à l'abbaye de Saint-Bertin, attendant son maître qui lui avait assigné ce rendez-vous. Dans la journée du 3 novembre il venait d'apprendre que

Thomas atteignait Clairmarais ; la nouvelle était connue partout, quoique l'Archevêque fût à peine arrivé. Thomas témoigna toute sa reconnaissance à son fidèle ami, et n'envisageant ni l'exiguité des ressources, ni la perspective indéfinie de l'exil, s'en remit avec une confiance résolue à la grâce de Dieu. Néanmoins tout n'était pas rassurant, il s'en fallait, dans les rapports de Herbert ; car il ajoutait qu'une ambassade nombreuse, envoyée par le Roi d'Angleterre, venait d'arriver à Saint-Bertin, au moment même où il quittait l'abbaye.

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