‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 230 sur 294 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

à l'adresse du Roi, et déclarer à toute la chrétienté que rien n'avait motivé une détermination si étrange. 11 serait donc urgent de prendre l'avance sur Thomas pour prévenir le Pape et le Roi de France en faveur de Henri Plantagenet. En conséquence une ordonnance royale fut rendue, pour prescrire de respecter toutes les possessions et tous les serviteurs de l'Archevêque, tant que l'appel formulé par les évéques n'aurait pas été jugé par le Pape. On désigna les ambassadeurs qui devraient sous peu partir pour la cour de France, où ils porteraient une lettre de Henri II ; après quoi ils se rendraient auprès du Souverain Pontife qui résidait toujours sur les domaines de Louis le Jeune. L'ambassade fut composée de prélats et de seigneurs. Gilbert Foliot avec Richard d'Ilchester devaient prendre les devants avec le comte d'Arundel, et aller trouver le Roi de France, à l'adresse duquel une lettre leur fut remise par Henri II (i). Richard de Luci partirait en même temps, député auprès du comte de Flandre, pour le prier de fermer ses états à un traître. L'évéque de Londres et le comte d'Arundel devaient être rejoints à bref délai par l'archevêque d'York, les évêques de Worcester, d'Exeter et de Chichester, accompagnés de Guy le Roux, de Jean d'Oxford et de trois autres seigneurs.

Le 2 novembre, le jour même où Thomas s'embarquait à Sandv^'ich et quelques heures seulement après son départ, sortait de Douvres, à cinq lieues de distance, un vaisseau qui portait l'évéque de Londres et

I. Ce partage de l'ambassade est indiqué nettement par Guillaume de Cantorbéry ; Roger de Pontigny l'a suivi, en y ajoutant un détail qui rendrait sa narration inconciliable avec celle de Herbert, témoin oculaire et actif en tout ceci. Au contraire le texte de Guillaume n'a rien qui contredise celui de Herbert, et nous ne voyons aucune raison d'en contester l'exactitude.

ses compagnons. La traversée fut plus mauvaise encore pour eux que pour l'Archevêque ; un moment même Gilbert Foliot, croyant le naufrage imminent, se débarrassa précipitamment de son chaperon et de son manteau. Le soir pourtant le vaisseau atteignit la côte du Boulonnais, à l'heure où Thomas tombait épuisé sur la grève à trois lieues de là. Dès le 3 novembre au soir Gilbert et le comte d'Arundel arrivaient k Saint- Omer, à l'abbaye de Saint-Bertin, au moment où Thomas Becket atteignait Clairmarais.

Herbert accourait donc avertir son maître, dont la position devenait de plus en plus critique. Il n'y avait pas à douter que les gens du Roi connussent déjà le lieu de sa retraite, car tout le monde en parlait. Viendraient-ils à Clairmarais ? Le comte de Flandre ne leur livrerait-il pas le fugitif sans défense ? Thomas prit son parti sur-le-champ. Oubliant les fatigues des deux dernières journées, il partit au milieu de la nuit, après l'office des matines, et fut conduit en bateau jusqu'à l'ancien moutier où cinq cents ans auparavant saint Bertin avait quelque temps vécu avec ses compagnons saint Ebertram et saint Mommelin. Ce moutier s'élevait sur la colline qui retenait depuis lors le nom de Saint-Mommelin et dont le pied était baigné par l'eau des lagunes (i).

Le proscrit demeura trois jours dans cette retraite ; après quoi un message de Godescalc, abbé de Saint- Bertin, l'avertit que l'ambassade anglaise avait quitté

I. D'après la description qu'en fait Herbert, on voit que les eaux occupaient alors une plus grande étendue que de nos jours. Les gens du pays appelaient le moutier Eldemenstre, nom populaire que les chroniques latines traduisent exactement par vctiis vionasterium. On le nommait aussi monasterium Ercinitorum ; d'où vient que Herbert l'appelle en effet Ercmitoriiim. (Cfr. Les abbés de Saint-Bertin^ De Laplane, 1854; t. i, page 5).

Pi

•S oT

er du erie.

i Cloît au Clo ortoirs

Qunrti

A ne i et

Nuuve

les d

ig

ij

■S Ib

roite.

hamb ecevei

■« tjo;

fJ

il-ll 1

t^oi Ci'

Abbaije.

bbé.

inces, (au

^ ^ ea

,JJ CTS «

2 CO 'C-î

l-^CSC^ 3

-^ G** e-i Nf. ^

Page 1