CHAPITRE XXIII
« bon ; mais croyez-moi, pour le moment nous n'en « avons que faire. Ces études nourrissent la curiosité « bien plus que la dévotion ; or ne vous souvient-il « pas qu'il est écrit : Lorsque le peuple sera dans « l'affliction, les prêtres et les ministres de Dieu pleure feront entre le parvis et l'autel, en criant : Pitié, « Seigneur, pitié pour votre peuple (i)?... Mais qui « donc a jamais trouvé la componction du cœur « en pâlissant sur les livres de droit?... Je souhaite terais vous voir méditer les psaumes ou les Morales « de saint Grégoire, plutôt que philosopher comme « on fait dans l'école. Si vous agissez ainsi, Dieu « vous sera en aide, et vous n'aurez plus à redouter « les machinations des hommes (2). »
Plus d'un lecteur trouvera peut-être ici un enseignement, et constatera l'erreur d'un siècle pour^qui les contemplatifs sont des soldats inutiles au milieu des luttes de l'Église. A coup sûr, Thomas Becket moins que personne songeait à se désintéresser de ces combats; et pourtant il mit de côté le Décret et les Canons, pour se livrer presque tout entier à la théologie, dans le sens le plus élevé du terme, c'est-à-dire surtout à l'Ecriture Sainte et à la contemplation. Il reprit avec Herbert les conférences intimes qu'il avait tant aimées à Cantorbéry ; et en sortant du chœur après matines, tous deux ensemble revenaient à quelque page des Saintes Lettres, surtout au psautier ou aux Épitres des Apôtres.
Il est assez probable que Pontigny vit aussi éclore les poésies que la tradition attribue à saint Thomas Becket (3J. '-'' Tout le monde affirme, écrivait au