CHAPITRE III
Becket trouvait donc les voies ouvertes, et c'est évidemment à sa requête que Célestin 11 adopta une mesure dont la portée n'échappa à personne. Il écrivit non point à révêque de Winchester, mais à l'Archevêque de Cantorbéry, pour lui ordonner de considérer la couronne d'Angleterre comme héritage contesté, dont il n'était par conséquent pas licite de disposer en faveur de Tune des parties, jusqu'à plus ample informé (i). On le voit, la question de la légation et celle de l'hérédité royale se liaient intimement, aux yeux du Pontife romain comme à ceux de Thomas Becket.
Mais la situation de Rome était profondément troublée alors ; Célestin II lui-même ne régna que six mois à peine. De telles circonstances ne permettaient pas de trancher une question dans laquelle étaient en jeu les plus graves intérêts, et qui demandait à être mûrement examinée. Thomas retourna en Angleterre après avoir engagé heureusement les négociations, comme nous venons de le voir; et à son retour il reçut de son maître des marques non équivoques de satisfaction. Le prélat lui conféra le bénéfice d'Otford, en récompense d'un succès qui en promettait d'autres pour l'avenir (2). L'occasion de poursuivre ne tarda pas d'ailleurs à se présenter.
A Célestin 11, mort le 9 mars 1144, succéda trois
Un des exemples les plus curieux est le nom de l'île de Thanet, qui se transforme en ïenedos. C'est trop de réminiscences classiques. L'auteur n'est pas non plus membre de la Cour romaine, car il la juge trop durement pour ne lui être pas étranger. Il y a plutôt apparence qu'il était d'Anjou, d'après les éloges pompeux qu'il décerne à l'évêque d'Angers, Ulger. En tous cas, sur tous les points qu'il est loisible de contrôler, on le trouve exact et bien renseigné. Il y a donc lieu de ne pas suspecter son témoignage, qui est celui d'un contemporain. Remarquons cependant que le nom de « ïhanedos » se retrouve à la cour pontitiralc, quel ques années plus tard {Materials, t. v, page 170;.