CHAPITRE XXIII
avaient repassé la mer; et la veille de Noël ils avaient trouvé Henri II à Marlborough. En apprenant le résultat négatif de la négociation, le Roi était entré dans une violente colère. Dès le lendemain de Noël, il avait fait expédier aux shérifs de tous les comtés d'Angleterre des instructions conçues en ces termes : « Ma volonté « est que si, dans votre ressort, clerc ou laïque forme « appel à la cour romaine, vous vous assuriez de lui « et le teniez sous bonne garde jusqu'à nouvel ordre. « Tous les biens et revenus de l'Archevêque seront « saisis pour être remis entre mes mains, comme vous « le diront Randolf de Broc et mes autres mandataires. « \^ous vous assurerez également sous caution des <f. pères et mères, frères et sœurs, neveux et nièces « des clercs qui sont avec l'Archevêque, et aussi de « leurs biens, jusqu'à ce que je vous aie fait connaître « ma volonté à leur sujet. Vous porterez sur vous la « présente pièce pour la produire à toute réquisi- '' tion (il. »
La royale volonté de Henri Plantagenet fut bientôt publiée : elle exilait tous les parents de l'Archevêque, tous les membres de sa maison, et même toutes les personnes désignées dans les instructions envoyées aux shérifs. Le décret royal ajoutait à tant d'iniques sentences une clause barbare, dont on n'avait jamais eu et dont on n'eut plus jamais aucun exemple : les proscrits devaient jurer de se rendre en personne à la résidence de l'Archevêque en France, Henri sachant bien quel tourment causerait à Thomas le spectacle de tant d'infortunés, jetés à cause de lui dans la misère sur les chemins de l'exil. Depuis le temps où les tyrans du paganisme faisaient martyriser les enfants sous les