‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 251 sur 294 · I. Materials, t. v, page · texte numérisé non relu

I. Materials, t. v, page

yeux de leur mère^ on n'avait pas vu cruauté pareille à celle du roi Plantagenet. Il y eut pourtant des hommes qui trouvèrent moyen de renchérir encore.

Randolf de Broc arriva au palais de Lambeth, résidence de l'Archevêque à Londres. Il était accompagné des officiers et appariteurs royaux, et venait exiger de quiconque avait un lien avec le primat, le serment de quitter l'Angleterre au premier vent favorable. C'était déjà une aggravation de peine, puisque ainsi les condamnés n'avaient plus le loisir de prendre aucune disposition en vue de leur exil ; mais ce n'était pas tout. Les malheureux devaient aller jusqu'à Pontigny, sans s'accorder nul repos qu'ils n'eussent mis sous les yeux de Thomas le spectacle de leur détresse. Les hommes dévoués qui avaient reçu sous leur toit le fugitif de Northampton, et les parents des clercs attachés à l'Archevêché mais dem.eurés en Angleterre, furent traités comme ceux qu'avaient frappés l'édit royal. Hommes, femmes, enfants à la mamelle, tous furent embarqués et jetés ainsi, au cœur de l'hiver, sur les côtes de Flandre. Pour revoir pareil spectacle, il a fallu attendre Olivier Cromw^ell. Des quatre cents proscrits enveloppés dans la barbare exécution, beaucoup furent arrêtés par l'âge ou la faiblesse ; ils demeurèrent en Flandre, et le Pape les releva du serment qu'on leur avait extorqué; mais un grand nombre atteignit le monastère de Pontigny. En voyant arriver successivement ces infortunés, dont plus d'un lui était uni par des liens étroits. Thomas éprouvait dans son cœur de cruelles tortures, chaque jour renouvelées. Qu'avaient-ils fait, ces malheureux, pour être ainsi traités? Rien; c'était uniquement à cause de lui qu'ils se trouvaient plongés dans la plus affreuse misère. Devait-il donc les condamner, par son opiniâtreté, à

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