‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 30 sur 294 · I. Ep. ccxxxviii éd. Paris · texte numérisé non relu

I. Ep. ccxxxviii éd. Paris

Les négociations que Thomas venait de conduire si heureusement lui avaient fait sentir le besoin d'une étude rendue plus nécessaire que jamais par le mouvement intellectuel de l'époque. Alors, en effet, une évolution s'opérait dans la science des canons; Gratien à Bologne, et à Rome même Roland, qui allait devenir Chancelier de l'Église romaine, et devait un jour être le Pape Alexandre III, compilaient des textes qui devenaient la base d'un enseignement didactique. A Oxford, l'étude du droit commençait à fleurir (i). Thomas Becket comprit par expérience qu'il ne pouvait demeurer étranger à ce mouvement, et il obtint de l'Archevêque primat l'autorisation d'aller à Bologne entendre Gratien expliquer et commenter son Décret. Puis il repassa les monts, et fut à Auxerre, où l'étude du droit canonique était fort en honneur (2). Hugues de Mâcon, naguère premier abbé de Pontigny, était alors évêque de ce diocèse, et un chanoine nommé Anselme dirigeait l'école de la ville épiscopale. Nous verrons plus tard si Thomas Becket sut mettre à profit les enseignements de ces divers maîtres. Le séjour qu'il fit à Bologne, puis à Auxerre, paraît avoir duré environ deux années, de 1145 à 1 147. Il revint à Cantorbéry à peu près au moment où le roi Louis-le-Jeune quittait la France pour passer en Palestine, laissant le royaume aux soins de l'abbé Suger.

A la cour de l'Archevêque primat, Thomas se retrouva au milieu des personnages qui représentaient l'élite du clergé anglais groupée autour de Thibaut. La science et les talents, parfois aussi des vertus éminentes, distinguaient nombre de clercs, destinés à monter aux divers sièges épiscopaux de la Grande-Bretagne , dans un

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