‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 38 sur 294 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

contre lui auprès d'Eugène 111. 11 s'agissait d'obtenir pour l'Archevêque le droit de jeter l'interdit sur les domaines du roi Etienne, qui n'annonçait aucune intention de venir à résipiscence. Eugène 111 y consentit ; lui-même avait formulé la menace devant les Pères assemblés à Reims. 11 donna donc des lettres apostoliques, adressées à tout l'épiscopat de la Grande- Bretagne, et que Thibaut transmit aux évêques. Ceuxci devaient procurer la soumission du Roi avant la fin de septembre 1148. Faute à lui de restituer avant cette date les biens de l'Archevêché en donnant satisfaction pour l'attentat commis contre l'Eglise, l'interdit serait jeté sans appel par les évêques sur tout le territoire ; les cloches se tairaient, les églises se fermeraient, la messe ne serait plus célébrée, l'office divin serait suspendu, les sacrements ne seraient plus administrés qu'aux mourants.

Mais l'épiscopat anglais était déjà bien déchu, le clergé du second ordre ne montrait pas plus de vigueur. Ce fut à qui trouverait un subterfuge pour ne pas avoir connaissance des lettres apostoliques (i), ou pour en déclarer la teneur inexécutable. On négociait avec l'Archevêque : les messagers passaient et repassaient la Manche. Pour faciliter les pourparlers, le primat était allé s'établir à Saint-Omer, sur les instances de Guillaume de Loo, le plus puissant des aventuriers flamands .qui soutenaient le trône d'Etienne. Dans sa nouvelle résidence, il sacra le s septembre le nouvel élu de l'Église de Hereford, Gilbert Foliot, abbé de Glocester. Mais en cette circonstance, il put constater la faiblesse de ses frères d'Angleterre. Des trois évêques qu'il avait mandés,

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