‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 39 sur 294 · I. Hist. Pontifie.^ loc. cit · texte numérisé non relu

I. Hist. Pontifie.^ loc. cit

d'autorité apostolique, pour l'assister dans la fonction du sacre, aucun ne voulut y coopérer. Hilaire de Chichester était un des trois. Ils alléguaient leur serment de fidélité au Roi, et articulaient le mot, plus tard si fatal, de coutumes anciennes qui défendaient de sacrer un évêque hors du royaume. Coutume détestable, si elle avait réellement existé ; elle eût enlevé au Pape un de ses droits les plus certains.

L'épiscopat anglais en était là le 5 septembre, et l'interdit devait être promulgué quinze jours plus tard ! Voyant que les négociations n'aboutissaient pas, Thibaut consulta ses meilleurs conseillers, et de leur avis, adopta une résolution hardie. Quittant Saint-Omer, il se dirigea sur Gravelines, où il s'embarqua, et prit terre à Gosford, sur les terres du comte de Norfolk, Hugues Bigod. Ce puissant seigneur était un ami de Guillaume de Loo ; et d'ailleurs, comme beaucoup d'autres, il était fatigué de la situation faite au royaume. Il accourut saluer le primat, et le conduisit en sûreté dans son château de Framlingham, où il se constitua le protecteur et l'hôte généreux de l'Archevêque. De cette résidence, Thibaut jeta lui-même l'interdit sur tout le royaume ; mais aucun des évêques n'en tint compte (i); le seul diocèse de Cantorbéry se soumit, à l'exception de l'abbaye de Saint-Augustin qui, plus tard, eut lieu de s'en repentir (2).

Malgré la défection de l'épiscopat, le primat pouvait avoir confiance ; le peuple ne supportait pas longtemps alors la suspension de la vie catholique. La réprobation universelle obligeait le prince rebelle

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