‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 42 sur 294 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ses états étaient deux fois plus étendus que ceux du roi de France. Il prouva de suite que sa jeunesse n'était pas trop faible pour un tel fardeau, en conduisant une campagne heureuse contre Louis VII, auquel l'inquiétude avait fait prendre les armes. Du reste le roi de France remit promptement l'épée au fourreau ; mais en Angleterre quel effet produisirent ces événements, il est aisé de le deviner. Etienne se hâta de convoquer à Londres une assemblée du clergé et de la noblesse ; et en présence de l'Archevêque de Cantorbéry, demanda que son fils Eustache reçût l'onction royale. Thibaut n'avait pas à délibérer : il fit connaître la défense portée par le Pontife romain.

Les évêques et le primat furent aussitôt saisis et tenus au secret dans une maison qui devint leur commune prison. Promesses et menaces furent successivement mises en œuvre pour ébranler leur constance ; par le fait quelques prélats cédèrent et se séparèrent de l'Archevêque ; mais celui-ci demeura ferme. Il réussit enfin à s'évader, se jeta dans un canot, traversa la Tamise et gagna Douvres, d'où il passa encore une fois en France, mais pour peu de temps.

La désertion s'était mise non seulement dans les rangs de l'épiscopat anglais, mais jusque dans la maison même de l'Archevêque de Cantorbéry. Roger de Pont-l'Evêque, agissait à rencontre de son supérieur immédiat; c'était au reste assez souvent le cas des archidiacres, et dans l'Église primatiale d'Angleterre pareille coutume n'était pas près de s'éteindre. Roger accepta donc d'aller à Rome comme ambassadeur du roi Etienne pour obtenir la révocation de l'inhibition prononcée par le Pape (ii; mais Eugène III demeura inflexible,

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