I. Mabillon, De Re diplomatica^ lib. ii, cap. xiii, Ji vi
CONTRD-SCEL DK HkNRI II.
nommés dans l'acte, le privilège de le contresigner (ij. Entln, lorsque les rois normands eurent mis en vigueur l'abus qui consistait à laisser longtemps sans titulaires les évêchés ou les abbayes, afin d'en percevoir les revenus au profit du Trésor, du moins en confièrentils l'administration au Chancelier qui était homme d'Église ; celui-ci pourvoyait à la gestion des domaines vacants par le ministère des clercs de sa maison. L'usurpation n'en était pas moins réelle et condamnable, d'autant que trop souvent le Chancelier était en réalité homme de cour plus que d'Église ; mais la mesure était moins brutale, il faut le reconnaître ; et si l'administrateur avait quelque souci de son devoir, il pouvait prévenir bien des injustices.
La dignité de Chancelier était donc fort importante ; elle conférait à celui qui en était revêtu le droit de siéger au conseil royal en toute occasion ; elle l'attachait aux pas du souverain (2), et par la nature et la fréquence des rapports qu'elle établissait entre lui et le Roi, elle lui donnait sur la direction des affaires publiques une influence considérable. Aussi était-il admis comme usage constant que l'on ne quittait la chancellerie que pour un évéché. Par suite était tenu pour entaché de simonie tout marché conclu avec le Roi pour acheter cette charge, aussi bien que s'il se fût agi d'un siège épiscopal (3).
D'après cet exposé sommaire, nous comprenons pourquoi l'Archevêque avait présenté Thomas comme candidat à la dignité de Chancelier plutôt qu'à aucun autre emploi de la cour. En obtenant pour lui ce poste de confiance, Thibaut voulait le constituer gardien de