‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 59 sur 294 · juill. Cant., page · texte numérisé non relu

juill. Cant., page

3. Petr. Cell. epist. ad Thomam Cancell. « Quein fortuna. » Materials, t. V, page 3.

de la Tour de Londres, lui donna en baronie le château de Berkhampstead, puis celui d'Eye avec un fief de cent quarante chevaliers. Un jour vint même où le Roi remit à Becket son fils Henri, l'héritier présomptif de la couronne, pour que le Chancelier le nourrît, c'est-à-dire fît son éducation et le préparât à recevoir l'ordre de chevalerie. Un roi ne pouvait donner de sa confiance preuve plus certaine.

Les relations quotidiennes que Henri entretenait avec son ministre attestaient plus haut encore, par leur caractère familier, les sentiments dont le prince donnait des marques officielles. Ainsi Henri s'invitait parfois lui-môme à la table du Chancelier, tant pour le plaisir de causer gaiement que pour voir de ses yeux si la renommée n'exagérait pas la splendeur de ces réceptions. Mais en pareille circonstance, nul souci de l'étiquette. Au retour de la chasse, Henri paraît toutà-coup à cheval, l'épieu en main, dans la grande salle des repas (i). Tel autre jour, il arrive encore impromptu, mais à pied, vide un hanap, et sort après avoir salué le Chancelier qui préside, assis sous le dais au fond de la vaste pièce. Une autre fois il entre brusquement au milieu du repas, court vers la table

I. Fitzst., page 25. L'étrangeté d\me pareille entrée provient surtout de l'imprévu et de Toubli du rang souverain. Au moyen-âge, il arrivait souvent dans les grandes circonstances qu'un dignitaire de la maison royale ou seigneuriale présidât à cheval à l'ordonnance et au service du repas. Lors de l'intronisation de Guillaume Warham, archevêque de Cantorbéry, le 9 mars 1504, le duc de Buckingham remplit, durant le dîner de gala qui suivit la cérémonie, les fonctions de sénéchal majordome, et de maître sommelier. Le récit de cette fête dit que « le duc se « tenait à cheval, devant la place de l'Archevêque, nu-tête, dans une « attitude respectueuse, ayant à la main une verge blanche, insigne de <' son office, durant tout le temps que l'on plaça les divers plats sur la « table d'honneur. » On les apportait dans l'ordre suivant : le duc à cheval marchait en tête, suivi des hérauts d'armes, puis des serviteurs portant les mets dans l'ordre convenable. [Monastic. Anglic. t. i, page 115.)

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