CHAPITRE Vil
ordres de justice ni d'enregistrer des chartes nouvelles ; il prenait une part active aux opérations militaires, et marchait en tête des contingents royaux, à l'attaque des châteaux qui fermaient leurs portes. C'est au moins ce qui paraît ressortir du langage des biographes 1 1 ).
Les Flamands, une ijois expulsés, restaient les brigands qui infestaient les campagnes. Les shérifs ou vicomtes furent chargés de les traquer ; sur tous les points du royaume la répression fut organisée, poursuivie avec rigueur, et il en demeure de nombreuses traces sur les comptes officiels de la couronne (2). Aussi, en peu de temps le pays retrouva-t-il une sécurité qu'il ne connaissait plus depuis de longues années, et qui permit au commerce comme à l'agriculture de reprendre une vie nouvelle.
Mais il n'y avait encore là que des préliminaires ; ce n'étaient là que les premières mesures de salut qui s'imposent au lendemain des époques troublées. Une oeuvre plus difficile restait à entreprendre, non plus contre des aventuriers d'origine étrangère ni des gens sans aveu, mais contre des seigneurs dont plusieurs brillaient au premier rang de la noblesse. Pour se créer des partisans, et aussi par la force des choses, Etienne et Mathilde avaient laissé les liens de la subordination féodale se relâcher grandement ; d'une manière plus ou moins tacite ils avaient consenti quelque aliénation des droits de la couronne au profit de nombreux barons ; Etienne avait même été jusqu'à remettre la Tour de Londres au pouvoir d'un de ses vassaux. Comprenant
1. Garnier de P. S* M., page 13. — Ed. Grim affirme positivement ce que Garnier donne seulement à croire ; toutefois, il convient de remarquer que, sur les débuts de la carrière de S. Thomas, nous ne consultons Grim qu'avec une certaine réserve ; c'est pourquoi nous n'affirmons pas ici d'une manière absolue.