‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 68 sur 294 · The great RoUs, passim · texte numérisé non relu

The great RoUs, passim

SAINT THOMAS DE CAN'TORB!iRY

bientôt son imprudence il avait repris possession de la forteresse, il est vrai ; mais sur bien d'autres points du territoire anglais il n'était plus seigneur et roi que de nom. Les barons, autrefois feudataires de la couronne, se trouvaient en fait devenus maîtres absolus dans leurs châteaux et sur leurs terres, et se regardaient comme affranchis des obligations de la vassalité (i). Dans un État fondé tout entier sur une centralisation féodale telle que la conquête l'avait établie dans la Grande-Bretagne, il y avait péril pour la constitution même de cet État si les tenanciers en chef de la couronne brisaient la chaîne hiérarchique en se soustrayant à leurs obligations. Henri II, étant par tempérament un légiste féodal, ne pouvait consentir à laisser subsister pareil désordre autour du trône. Thomas Becket, en sa qualité de Chancelier, eut donc une nouvelle campagne à diriger, cette fois contre les hauts barons ; il lui appartenait d'expédier à qui de droit les ordres donnés au nom du Roi pour obliger les grands feudataires soit à rendre les ciomaines qu'ils tenaient sans en faire hommage, soit à réduire les garnisons portées à un effectif supérieur à celui que permettaient les titres de leurs fiefs. La vérification de ces titres, aussi bien que l'expéditition des ordres royaux pour mettre en mouvement les officiers àe la justice royale, incombaient au Chancelier (2) ; et il est évident que le souverain devait la plupart du temps s'en remettre à lui sur ces deux points, surtout lorsque le ministre avait pris tout ascendant sur l'esprit de son royal maître. Ce fut donc Thomas qui, en réalité, dirigea les procédures inaugurées contre les grands feudataires.

1. Rad. de Diceto, loc. cit. — Gerv. Cant. t. i, page 161. — Fitzst. page 19.

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