CHAPITRE I
tement, son père le salua profondément. Robert aussitôt de se récrier contre un pareil oubli de la dignité paternelle ; et Gilbert de lui répondre tout bas : « Je sais ce que je fais ; cet enfant sera grand devant le Seigneur. »
Thomas passa quelque temps au monastère de Merton où, selon l'usage de cette chrétienne époque, il apprit à lire dans le Psautier, puis à chanter et à réciter par cœur les psaumes. Telle était alors l'instruction élémentaire qui commençait à développer le cœur en même temps que l'esprit des petits enfants. On les formait aussi au chant de l'Eglise, puis ils abordaient la grammaire, par quoi il faut entendre déjà des notions de littérature. Cette étude achevée, Thomas dut quitter Merton pour revenir à Londres et commencer le cours des « arts >y. Il entrait alors dans les années de l'adolescence.
Au commencement du xiT' siècle, nous dit Fitzstephen, les trois principales églises de la capitale abritaient chacune, par privilège spécial, une école florissante ; mais des centres d'études étaient en outre établis à l'ombre de plusieurs autres églises.
Londres et sa banlieue comptait treize monastères ou collégiales et cent vingt-six paroisses. Il y avait là tout un peuple de jeunes étudiants, avec ses mœurs et ses usages particuliers. Nous ne dirons rien de leurs études parce qu'elles étaient à Londres ce qu'elles étaient partout alors ; il n'y aurait donc nul intérêt pour le lecteur à se voir ici une fois de plus ramené au détail du trivium et du quadrivium. Nous aimons mieux emprunter au chroniqueur du xiT' siècle quelques détails sur les divertissements des escholiers (i).
A certains jours de fête les jeunes gens se livraient à