‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 8 sur 294 · I. Guill. Fitzst. Materials, t. iir, page · texte numérisé non relu

I. Guill. Fitzst. Materials, t. iir, page

des joutes oratoires, où la dialectique n'était pas la seule arme employée ; l'épigramme volait souvent, mordante et acérée, d'un bout à l'autre de l'arène. Mais ceux que charmait l'églogue pouvaient aussi réjouir leurs oreilles au son de ses pipeaux, alternant avec les accents de la trompette héroïque. Les exercices physiques des étudiants ne le cédaient pas à leurs exploits littéraires. Ainsi lorsqu'étaient arrivés les jours du carnaval, on allait l'après-midi jouer à la paume dans les plaines hors de la ville. En carême, le dimanche se passait en des tournois appropriés à l'âge des jeunes garçons. On les voyait affluer au lieu désigné pour l'emprise, tous à cheval, portant fièrement l'écu et la lance ; il va sans dire que ce n'étaient là qu'armes courtoises. Les seigneurs de tous rangs venaient juger des coups, et le Roi lui-même ne dédaignait pas de quitter Windsor pour assister aux prouesses des escholiers. Après Pâques, la Tamise devenait le théâtre de joutes nautiques. Un poteau planté au milieu du lleuve supportait un écu solidement fixé ; c'était une sorte de quintaine. Les canots montés par de nombreux rameurs se rangeaient en aval du pont de Londres, et la foule se massait sur les rives. Successivement on voyait les bateaux s'élancer à pleine course dans la direction du poteau. Debout à l'arrière de chaque embarcation un jeune garçon tenait en arrêt une longue lance, dont la pointe devait frapper l'écu. Si elle volait en éclats sans que le champion perdît l'équilibre, les spectateurs applaudissaient; mais bien souvent le choc jetait à l'eau l'assaillant; et la foule de rire en faisant pleuvoir les lazzis sur le jouteur malheureux. Pendant les soirées d'été, les groupes joyeux se dirigeaient vers Clerkenw^ell ou Llolyw^ell, hors des remparts; c'était là que la jeunesse de Londres se donnait rendez-vous pour tirer de l'arc, lutter, courir, et danser. Puis quand venait

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