‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 70 sur 294 · Garn. P. S'' M. page · texte numérisé non relu

Garn. P. S'' M. page

Ajoutons maintenant que Henri II et son fidèle C!hancelier avaient commencé par prendre les moyens d'assurer ce respect universel. Le Roi n'eût pas entrepris de briser toute résistance ni de ramener d'autorité aux limites du droit ceux qui s'en étaient affranchis, s'il n'eût été certain d'avoir la force en main. Mais dès les premiers jours, Thomas avait commencé à lui créer une armée permanente ; un noyau de mercenaires flamands, pris à la solde du prince et autour duquel se groupaient les contingents des feudataires, mit à la disposition du jeune souverain un certain nombre de soldats aguerris, toujours prêts, et liés au service aussi longtemps qu'on les payait. En face de lui, au contraire, le Roi ne voyait que les milices féodales, convoquées selon les besoins, mais libres de droit au bout de quarante jours; armées sans cohésion, sans consistance, relativement lentes à se réunir, et promptes à se disperser. Quelle supériorité militaire ne prenait pas d'un seul coup le prince qui pouvait amener du jour au lendemain sur le champ de bataille une troupe exercée, disciplinée, toujours mobile, et propre à poursuivre la campagne aussi longtemps que besoin en était? Sous ce rapport, Thomas Becket donnait au Roi son maître un avantage considérable sur ses adversaires, sur le Roi de France comme sur les barons d'Angleterre, de Guyenne et d'Anjou. Il faut dater de son époque la formation des milices anglaises qui se trouvèrent si fortement organisées lorsqu' éclata la guerre de Cent Ans, et assurèrent à Edouard III les triomphes de Crécy et de Poitiers. Henri II leur dut ses rapides succès contre Mortemar, et bientôt contre d'autres ennemis (i).

I. L'existence de cette milice permanente est bien attestée par la charte que Henri II donna à S'-Florent-en- Vallée pour assurer l'entretien de la levée de la Loire. Il déclare avoir a choisi dans ses troupes à pied

Page 1