‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 75 sur 294 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

de ces hauts lunclionnairos, qui apparaissent dans Thistoire quelques années après l'élévation de Thomas Becket au siège primatial ; mais il était utile de constater dès maintenant le degré de moralité des cours de justice laïque. Un moment viendra où nous devrons nous en souvenir.

En Angleterre certaine classe de procès, particulièrement fréquents, entraînait sous les précédents règnes les pénalités les plus lourdes, la mutilation ou même la mort ; nous voulons parler des procès pour infraction aux lois sur la chasse. Au début du nouveau règne ces lois furent très-adoucies, et la mutilation fut remplacée par l'amende ou la prison (il. 11 y aurait là de quoi surprendre de la part d'un jeune roi aussi grand chasseur que l'était Henri Plantagenet, si l'on oubliait que Thomas Becket se trouvait alors auprès de lui. Le Chancelier fut si réellement l'inspirateur de cette mesure que plus tard, laissé à lui-même, Henri II rétablit toutes les pénalités sanguinaires sanctionnées par ses prédécesseurs en matière de chasse. Thomas, tout passionné qu'il fût pour ce plaisir de roi, ne le considérait point, ainsi que le faisaient le prince et les barons héréditaires, comme un privilège inaliénable et sacré. Les bourgeois de Londres, dont il descendait, possédaient le droit de chasse, avons-nous dit, en veiiu de leur participation aux prérogatives de baronie ; mais pour eux, vraisemblablement, il n'y allait pas de leur honneur ni de leur dignité si quelque vilain blessait un lièvre dans les bois de Middlesex. Tout en contresignant des ordonnances protectrices des droits seigneuriaux et royaux sur la chasse, Thomas Becket réussit donc à en faire pour un temps adoucir les rigueurs.

Page 1