‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 77 sur 294 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

qu'en pareil cas tout se passait entre Thomas et ses clients sans les formalités d'aucun tribunal, sans intermédiaire et sur-le-champ [i). Il nous semble que les origines du '< jugement d'équité », tel qu'il fut adopté et pratiqué ensuite en Angleterre, ne sauraient être mieux caractérisées.

Ainsi, l'action de Thomas Becket se faisait bien réellement sentir dans toutes les branches du gouvernement royal. Elle s'exerçait en dehors même des lois, pour prévenir le mal et assainir les mœurs. En 1159 il n'hésita pas à employer tout son crédit pour empêcher l'éclat d'un douloureux scandale. Matthieu, comte de Boulogne et fils de Thierry comte de Flandre, le vieil allié de Henri II, entreprit d'épouser Marie de Blois, fille du roi Etienne, et alors abbesse de Romsey. Thomas ne put prévenir le mal, il est vrai, parce qu'en définitive ni le comte ni l'indigne abbesse ne dépendaient du Roi. Du moins, l'opposition ouverte du Chancelier réservat-elle les droits de la conscience et de la loi.

Sur d'autres terrains il était plus heureux. Il réussissait à fixer en Angleterre des hommes qui pouvaient exercer ■une salutaire influence par leur science et leur vertu (2). Ainsi fit-il rappeler Robert de Melun, anglais de naissance, que nous avons vu briller h l'Université de Paris ; ainsi encore Guillaume, prieur du monastère de Saint- Martin-des-Champs, ce florissant monastère issu de l'abbaye de Cluny, et que Thomas avait connu sans nul doute pendant son séjour à Paris, Appelé par le Roi, l'éminent religieux fut mis à la tête de l'abbaye de Ramsey fondée par Henri I". Thomas écrivait au saint

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