CHAPITRE VIII
tagenets ont renoncé à leur mission de pacificateurs. Dès le mois d'octobre 11 38 le Roi était en possession de Nantes, acquérant ainsi une place de première importance, qui lui permettait de tenir en respect les armes bretonnes, si elles tentaient jamais d'attaquer ses états par l'ouest.
Après de tels succès diplomatiques, Henri II pouvait se montrer empressé à fêter le Roi de France qui entreprenait un pèlerinage au Mont-Saint-Michel. PaF toute la Normandie, ce ne furent que fêtes magnifiques ; Henri lui-même rejoignit son suzerain et le reconduisit à Paris où il devint pour quelques jours l'hôte de Louis VII. Le Roi et la Reine de France allèrent jusqu'à céder leur palais au souverain anglais et prirent gîte au cloître Notre-Dame (i).
Quant au Chancelier d'Angleterre, il n'était pas demeuré inactif. Pendant que son maître occupait Nantes, il faisait une rapide et heureuse diversion contre Guy V de Laval. Ce seigneur, au dire des chroniqueurs anglais, était un véritable brigand de grand chemin ; et là encore le soin de la tranquillité publique réclamait un châtiment. Guy avait, en effet, à se reprocher des rapines commises au préjudice des abbayes de Marmoutiers et de la Couture. Mais, de plus, ses ancêtres avaient été jadis vicomtes de Rennes et chargés jusqu'en 1144 environ de la défense des marches de Bretagne {2). Or, ayant épousé la sœur de Henri Plantagenet, Guy n'aurait-il pas la pensée de contester au Roi d'Angleterre l'héritage de Geoffroy ? Il n'avait pas reculé naguère devant les armes du duc d'Anjou avec lequel il avait eu des démêlés fort vifs. De concert avec Robert de Sablé, il avait fait une rude guerre à Geoffroy le