‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 90 sur 294 · Couanier de Launay, Histoire de Laval · texte numérisé non relu

Couanier de Launay, Histoire de Laval

Beau (i) ; quoique vaincu, il pouvait se montrer encore une fois redoutable. Le Chancelier mena contre lui une rapide campagne, le fit prisonnier et le jeta dans les cachots du château de Neuf-Marché, en retournant à Rouen.

Dès l'année suivante, Thomas reprenait les armes pour servir le Roi sur un autre théâtre. Depuis quatrevingts ans, la possession du comté de Toulouse était contestée entre les ducs de Guienne, comtes de Poitiers, d'une part, et d'autre part les descendants de Raymond cie Saint-Gilles. Celui-ci s'était mis en possession du comté vacant par la mort de Guillaume IV de Toulouse, son frère, parce qu'il considérait ce vaste et beau domaine comme fief masculin ; or Guillaume n'avait laissé c|u'une fille, Philippa, mariée au duc Guillaume IX d'Aquitaine. Mais celui-ci ne reconnaissant point la légalité de l'exclusion donnée à sa femme, prit les armes pour revendiquer des droits évidents à ses yeux. On était aux dernières années du xf siècle, à la veille de la première Croisade. Le xii' vit se prolonger la querelle ; Louis VII ayant épousé la trop célèbre Éléonore, fille du duc cl'Aquitaine , embrassa le parti qu'elle représentait ; mais il échoua devant Toulouse. Après la cassation de son mariage, les rôles changèrent ; ce fut Henri II qui soutint les droits d'Éléonore, et Louis qui les combattit, au profit de Raymond V de Saint-Gilles, dont il venait d'épouser la sœur. La guerre s'alluma en II 59, au lendemain des succès de Henri Plantagenet en Bretagne. Thomas Becket, au prix de difficultés dont nous parlerons plus loin, pressa le paiement de l'écuage 'destiné à solder l'armée royale ; l'impôt donna cent quatre-vingt mille livres d'argent (2). C'était de quoi

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