‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 91 sur 294 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tenir longtemps la campagne. De plus, autour de l'étendard du Roi \'inrent se ranger, sous les bannières vassales, les contingents de Bretagne, d'Anjou, de Poitou, de Normandie, d'Angleterre et d'Ecosse. Pour sa part, le Chancelier amenait sept cents hommes de bonnes troupes, dont il gardait le commandement (i). La guerre fut menée d'abord vigoureusement. Les places voisines de Toulouse furent emportées d'assaut ; et Thomas, conduisant en personne ses soldats à l'attaque, ne dut plus d'une fois son salut qu'à la bonne trempe de son haubert (2^. L'armée anglaise parut enfin sous les murs de Toulouse le 24 juin 11 39. Elle était fort nombreuse, enhardie encore par de premiers et importants succès; la place au contraire n'avait qu'une faible garnison, mais elle était commandée par le Roi de France. Preux et vaillant chevalier, Louis le Jeune s'était jeté dans Toulouse avec une petite troupe: en capitaine prudent, il n'avait pas voulu risquer dans ces conditions une campagne contre l'armée anglaise trop supérieure en nombre, et attendait qu'elle vînt former le siège de la ville. Thomas Becket opinait pour une attaque immédiate ; mais Henri II répugnait, disaitil, à combattre personnellement son suzerain. Ce n'était là qu'un prétexte, évidemment ; l'histoire du règne de Henri Plantagenet montre assez combien de fois il guerroya contre Louis VU qui commandait lui-même son armée. Bien plutôt la résolution courageuse du suzerain en imposait-elle au roi Henri, qui se borna pendant quatre mois à faire le blocus de Toulouse, tactique sans doute plus conforme aux obligations d'un vassal. Pendant ce temps les renforts affluaient vers la place, et à la Toussaint le siège fut levé. La campagne

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