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commencée si heureusement et avec des forces si imposantes se terminait en somme par un échec, malgré des succès partiels.
Du reste la guerre se continua sur un autre théâtre, c'est-à-dire dans le pays des marches de Normandie, toujours si disputées entre les deux couronnes. Thomas y parut encore à la tête d'un nombreux contingent levé à ses frais ; et Garnier « le clerc de Pont-Sainte-Maxence » atteste avoir été alors témoin de ses prouesses (i). Une fois, entre autres, le Chancelier d'Angleterre se mesura en combat singulier contre un chevalier français, Enguerrand de Trie, renommé pour sa valeur. Désarçonné au premier choc, Enguerrand roula dans la poussièie et son destrier tomba au pouvoir du vainqueur. Thomas était toujours avec ses hommes au premier rang de l'armée anglaise ; entreprenant, audacieux, il fut bientôt connu des français comme de leurs adversaires. Ses troupes manœuvraient au son de longues trompettes, dont le son clair et perçant devint promptement familier aux oreilles des deux armées.
Que résulta-t-il de cette nouvelle campagne? Rien, ou à peu près rien, comme de presque toutes celles que menèrent continuellement l'un contre l'autre les deux rois Henri II et Louis le Jeune. La diplomatie avançait davantage les affaires de la couronne d'Angleterre ; Elenri ne manqua pas d'y recourir, et voulut cueillir sans tarder les fruits des heureuses négociations conduites par Thomas Becket l'année précédente. Marguerite de France avait été remise en la garde du Roi, son futur beau-père. On sait quelle dot lui était assurée lors de son mariage ; la guerre n'ayant pu donner à Henri Plantagenet les châteaux tant convoités, il recourut à