‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 98 sur 294 · I. Hist. Potiti/icalis, cap · texte numérisé non relu

I. Hist. Potiti/icalis, cap

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géant la vacance le plus longtemps possible, pendant des années entières, sans permettre aux chanoines de procéder à une élection. Il en va de même pour les abbayes.

Les terres d'Église sont frappées d'impôts dont elles devaient demeurer franches.

Les diverses juridictions des cours ecclésiastiques sont contestées, en théorie par les légistes, en pratique par le Roi ; et nous saurons bientôt où l'on en est venu sur ce terrain.

Si nous ajoutons à tant d'usurpations de l'État les brutales violences commises par un prince emporté contre les personnes et les biens ecclésiastiques, nous aurons quelque idée de la situation de l'Église en Angleterre, au début du règne de Henri Plantagenet. Qu'on lise les dernières lettres du vieil archevêque Thibaut de Cantorbéry (ij; l'on entendra ses plaintes, l'on sentira ses angoisses, l'on devinera ce qu'il ne dit pas ; mais ce qu'il dit est déjà bien assez grave. Il gémit sous les chaînes qu'il porte avec toute l'Église d'Angleterre ; et qui n'en croirait ce vieillard qui va mourir? L'ambition ne l'agite pas à cette heure. Après tant de vicissitudes, au moment de paraître au tribunal de Dieu, que sont pour lui les grandeurs du monde et leurs enivrements? Et pourtant l'on sent qu'il tremble pour l'avenir, qu'il pleure sur le présent des larmes brûlantes. Caractère faible et flottant, il retrouve par instants des accents d'énergie, même quand la maladie, d'accord avec les ans, a brisé ses ciernières forces. Ne faut-il pas un mal bien profond, bien menaçant, pour provoquer chez ce vieillard pareille réaction, si éphémère qu'elle soit?

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