‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 99 sur 294 · I. Materials, t. v · texte numérisé non relu

I. Materials, t. v

138 SAINT THOMAS DE CANTORBl-RY

Que va faire le Chancelier ?

Rappelons d'abord ce que nous avons dit plus haut, de la position fausse qui est la sienne. Placé aux côtés du Roi par le primat lui-même pour procurer le bien de l'Église, il se trouve en face des deux obligations énoncées par l'Evangile : rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. En ce qui le concerne personnellement, nous savons s'il est fidèle à Dieu et à son Roi. Nulle difficulté donc, tant qu'il ne s'agit que de lui seul. Mais quand l'Église est en cause? Si le Roi lui donne mission d'agir contre elle, que ferat-il? Deux cas peuvent se présenter: il peut être question d'une innovation contraire aux droits ecclésiastiques, ou d'une coutume, abusive sans doute, mais précédemment mise en pratique depuis un temps plus ou moins long. Du premier cas nous ne connaissons pas un seul exemple que l'on soit en droit de citer pour flétrir le nom du Chancelier Becket (i). Nous ne discuterons donc point sur ce terrain. Dans le second cas, Thomas doit obéir ou résister. S'il prend ce dernier parti, c'est à une disgrâce qu'il marche très-certainement. Qu'il conserve ou non sa haute dignité, aucun pouvoir ne lui restera plus pour obvier à d'autres maux ; et comme le Roi est entouré d'hommes qui ne demandent qu'à seconder ses mauvais desseins, le torrent se déchaînera sans plus rencontrer aucun obstacle.

Mais, dit-on aussitôt, qu'importe que le mal soit fait par un homme bien ou mal intentionné? Mieux vaudrait même qu'il ne le fût pas par un homme vertueux, qui

I. Il en est trois que les adversaires de sa mémoire, jusqu'à nos jours, ont prétendu exploiter. Mais nous prouverons plus loin que Ton a, sur ces trois points, confondu les dates, forcé ou faussé les textes, et mal étudié les faits.

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