‹ Saint Thomas et le ThomismeChapitre 14 sur 24 · I. V. texte latin, p · texte numérisé non relu

I. V. texte latin, p

Donc le choix ne peut pas être en Dieu ; donc Dieu n'est pas libre — .

Voici la réponse » : « Les choses que l'on attribue et à Dieu et aux créatures, existent en Dieu (comme il a été dit dans le I er Livre), d'une manière toujours plus éminente ; c'est pourquoi le choix existe en Dieu, en ce sens qu'il exclut tout ce qui est imperfection, et retient tout ce qui appartient à saperfection.

« Or, que le choix n'ait lieu qu'après délibération, c'est une imperfection, qui n'affecte que le libre arbitre d'une nature ignorante ; c'est pourquoi le choix n'est pas en Dieu sous ce rapport, mais seulement en tant que la détermination de son acte provient de lui-même, et non d'un autre; pour cette raison il est, dans le sens le plus vrai du mot, le maître de son œuvre; pour cette raison encore il est dit (dans la lettre) que le libre arbitre existe en Dieu autrement que dans les autres. »

Il ressort clairement de ce passage que l'essence proprement dite de la liberté consiste dans la non-détermination de l'acte par un autre, et dans la détermination par la volonté libre' elle-même.

11 en est de même dans le passage suivant :

i. « Ad i ergo dicendum, quod ca quae dicuntur de Deo et créât u ris, ut in I Libro dictum est, semper eminentius in ipso nveniuntur, et ideo electio * salvatur in Deo hoc modo, quod abjiciatur id quod imperfectionis est, retento eo quod ad perfectionem pertinet ; quod enim post inquisitionem consilii electio fiât, hoc imperfectionis est, et accidit in libero arbitrio, prout est in natura ignorante ; un de secundum hoc in Deo non salvatur, sed quantum ad hoc quod determinatio sui aclus non est sibi ab alio, sed a seipso ; unde ipse verissime su operis dominus est, et propter hoc etiam in Littera dicitur, quod liberum arbitrium aliter in Deo quam in aliis invenitur. »

Commentaire sur le 2e Livre des Sent. D. xxvm, Q.

1, A. 1 ' : « L'homme ne serait pas libre, si la détermination de son œuvre ne lui appartenait pas, de telle sorte

que ce soit par son propre jugement qu'il choisisse ceci ou

cela. »

ARTICLE VIII

La non-détermination par un autre doit s'entendre

même de Dieu.

On dira peut être : lorsque saint Thomas déclare que la volonté libre ne peut pas être déterminée par un autre, il n'entend pas parler de Dieu. Mais de qui alors parlerait - il , par exemple dans le texte' cité plus haut * ? « L'être de l'âme n'est pas déterminé par elle-même, mais par un autre (c'est-à-dire par Dieu) ; mais c'est elle qui détermine Vacte de sa volonté. . . ? »

Les autres passages où se rencontre cette formule par un autre (Voir pp . 66, 68), n'auraient pareillement pas de sens, si ces mots ne pouvaient et ne devaient même s'appliquer à Dieu.

D'ailleurs saint Thomas professe, en beaucoup d'endroits de ses Œuvres, que Dieu est le seul principe extétérieur qui puisse mouvoir la volonté.

Ainsi, Somme th., 1— II , CL ix, A. 6 * : « ... H arrive

1. Cqm. m II Sent., D. xxvw, Q.. I, A. i : « ... Non enim esset homo liberi arbitrii, nisi ad eu m determinatio sui operis pertineret, ut ex proprio j udicio eligeret hoc aut illud, ut supra dictum est. »

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