Epp. XVIII et xwvii
.3. Cap. VI, 11° II, éd. Tougard, Paris, 1895, p. 23. Nous citerons cette édition, de prélérence. Mais on peut lire le De Lande Sanctorum dans Migne, P. L., t. XX, p. 443, suiv.
paraît provenir de Lcgio f ictrix. Une telle dérivation n'a rien d'étrange, si Ton suppose que Victrice eut pour aïeul un légionnaire émérite. On sait que les légions romaines avaient coutume de séjourner fort longtemps, quelquefois plusieurs siècles, dans le même pays. « Lorsque les légionnaires obtenaient leur congé, ils se fixaient définitivement dans la région où ils avaient accompli leurs vingt années de service. Ils s'v mariaient avec les femmes du pa>s, et la loi romaine, en récompense de leur service gratuit, accordait le droit de cité à ceux qui ne l'avaient pas encore reçu. Quant h ceux qui jouissaient déjà de la cii'itas, elle leur octroyait le droit de la communiquer h leurs femmes, ainsi qu'à leurs enfants. S'ils étaient déjà mariés, leur situation était régularisée, et l'on voyait naître aux frontières une postérité belliqueuse de nouveaux citoyens, cordon sanitaire de l'flmpire, défenseurs sans cesse renaissants de la grande patrie romaine'. » Que Victrice ait hérité son nom tl'un ancêtre qui avait servi dans une des légions
I. Ern. Desjardius, Géographie liistoiique et administra' liic (le la Gaule romaine, t. III, p. 4o-i, Paris, Hachette, i885. (;f. Mummseii et Marquardt, Manuel des antiquités romaines, t. XI. De l'or<fanisalion militaire chez les Romains^ traduction Brissaiid, Paris, Tliorin, 1891, p|), 3 10, 3 12,
P^ictrix^el qui, son temps de milice achevé, s'était fixé sur Tune des frontières de l'empire, c'est donc une hypothèse qui ne manque pas de vraisemblance.
Au dire de saint Panlin, en effet, il naquit au bout du monde', de extimo (extremo) orhis eductiiin. Il faut entendre par cette vague désignation soit la Germanie seconde, soit la seconde Belgique, soit même la Grande-Bretagne. Les campements des diverses légions Victrix nous aideront peul-êlre à mieux déterminer le pays.
Au \V siècle, nous trouvons la Legio vi" Victrix en résidence à Eboracum (York) et la Legio xx^ Victrix à DcK'a (Chester'). La Grande-Bretagne possédait, en outre, une colonie qui portait le nom de colonia Viclricensis à Camalodiinum (Colchester)*. N'y aurait-il pas là un triple
I. Sous Auguste la Leg'io xx* Victrix campait dans la Germanie Inléiieuie; la Legw vi* Victrix fut alors envoyée en Tarraconaise. Mais un peu plus lard, sous Vespasien, elle se rendit aussi en Germanie Inférieure. Ces deux légions furent ensuite transférées en Graude- Brelague, la première avant Vespasien, la seconde sous Hadrien. Sur tout ceci, cf. IMommsen et Marquardt, De r organisation militaire cliez les Romains^ p. i(V3, 1G4, 169.
a. Ep. XVIII, n" 4-
3. Itinéraire d'-intonin, éd. Wesseling, p. 466, 469- Elles étaient déjà en Grande-Bretagne avant la fin du II' siècle. Cf. C. I. /.., VI, n" 349a •" ; Marquardt, o^/r. cit., p. lOg.