Coloniic Viclricensis qute est in Britanuia Cama
indice que noire héros vit le jour eu Grande- Bretagne? Contre cette Iiypotlièse, on peut alléguer que Victrice, ayant à parler d'un voyage qu'il fit dans la grande île, ne laisse nullement entendre qu'elle fût sa patrie.
Aussi bien, les légions qui campaient au iv*^ siècle en .Grande-Bretagne avaient occupé auparavant une autre résidence. On les voit demeurer assez longtemps dans la Germanie Inférieure ', c'est-à-dire dans une région qui, limitée d'un côté par l'Escaut, pouvait à bon droit passer pour le bout du monde, aux yeux de saint Paulin. Si Ton songe que Victrice eut plus tard à cœur d'évangéliscr le pays des Morins et des Nerviens, on sera tenté de voir dans celte œuvre apostolique comme une forme de sou patriotisme et une preuve de son amour du pays natal. Nous inclinerions donc volontiers à croire que le futur évèque de Rouen naquit sur la limite de la Germanie seconde et de la seconde Belgique, non loin des rives de l'Escaut'.
lodiiniiin », Dlcl'tottn. de Forccllini, éd. Leijizig-Londrcs, i88y. t. V, p. 43g, au bas de la i" coloune.
I . Cf. p. 4, uolc 1 . Sur la piéseuce de la l.egio vi' J'ictrix en Grande-Iîrelagnc sous Hadrien ( i i^-iSS), cf. C.I.L., I . VI, n" i54<J-
a. Tout eu reconnaissant que l'Iiypollièse d'une origine brilanuiquc n'est pas dépourvue de prol):ibililé.
6 SAINT VICTIUCE.
La date de sa naissance ne peut être indiquée qu'approximativement. Nous savons qu'il était notablement plus jeune que saint iNIartin, dont ii fut l'émule et Tanii, in letate impari parein^ . Pour que cette différence d'àg^e fût remarquée, il faut qu'elle ait été au moins d'une dizaine ou d'une douzaine tl'années. Comme l'évêque de Tours naquit en 3i6' ou 3i^", on ne risque guère de se tromper en fixant la naissance de Victrice aux environs de 33o.
Ce que fut son éducation première, nous l'ignorons totalement. Un écrivain du xi'' siècle, à qui nous devons un essai d'histoire des archevêques de Rouen, veut que Victrice ait été élevé, à la cour impériale, en compagnie du pape înno-
Elle avait déjà été proposée par Lebeuf, à cause du texte de saint Paulin : De cxlimo orùis (Migno, P. L., t. XX, col. 445- note C). M. Burn [.4n Inlroduction to tlie Creeds, London, 1899, p. iiG) la soutient encore, mais sans alléguer de raison. Jean Dadré [C/ironologic hlstori(jue des archevêques de Rouen, p. 35) fait naître Victrice dans l'Artois ; dom Pomnieraye [ouv. cil., p. 58), dans le Houlonnais; le (Rallia Cliristiana (t. XI, col. 7), dans le Bi-abaut ; Ghesquière (.</(;/« SS. liel^^ii selecta, t. I, 377- 378), dans le j)ays des anciens Morins, par suite d'un rapprochement entre le texte de saint Paulin et celui de Virgile : Kdtrcini(j(iv fioiiiiiium Moriiil.