I. Paulin, Ep. xvm, n" g
■A. Cf. liCcoy de la Marche, Sai/il .l/w/////, Tours, 1881, p. 66a-663.
cent P". Mais le document qu'il invoque parle tout simplement d'une entrevue qu'Innocent et Victrice eurent à Rome avec l'empereur Honorius^ en 4o3. Nous sommes loin des années de l'enfance. Il est vraisemblable que Victrice passa celles-ci dans le pays qui lui donna le jour. Le programme de ses études fut celui que pouvait suivi-e tout fds de légionnaire, qui se destinait à la carrière des armes. Si l'on jugeait cependant du degré de son mstruction par le talent qu'il déplova plus tard dans son livre De Lande Sanctorum, il faudrait admettre que son adolescence reçut les leçons des meilleurs rhéteurs. Mais il est fort probable qu'il tlonna h son esprit un complément de culture littéraire, lorsqu'il eut quittéla milice.
A dix-sept ans il fut incorporé dans l'armée r c'était Tàge réglementaire ^ auquel les vétéransdevaient livrer leurs fils aux officiers de recrutement, sous peine de priver leur postérité du
I. « lu rcgali ciiria milrilus cuui beato Innocenlio jiapa. )) yicta arc/iiepiscoporum Bolomagc/isiuni^ Migne, P. L., t. CXLVII, col. 274.
a. « Tristiiia tralntm quani sa*pe porlulimus imperatore praiscnte, ciim pro ipsis prius rogaremus; quod ipse nobiscum positus coguovisli. » lunoccnlii, £/>. 11, cap. lî, 3Iigne, P. L., t. XX, col. 478.
3. Cf. Lebeau, Mémoires de V Académie des Inscriptions y t. XXXV, p. Kjo suiv.
coin de terre qu'ils possédaient comme récompense de leurs services'. Victrice comparut donc devant les commissaires impériaux [dilcctatoi-es] chargés de s'assurer des qualités j)hysiques et morales des recrues. On ne lui trouva aucun défaut qui l'exemplât de la milice". Il prêta en conséquence le serment^ qui l'engageait à passer au moins vingt années sous les armes*.
Dès lors commença pour lui une vie toute d'activité physique. Les exercices militaires comprenaient « les marches [ambiilatid), qui avaient lieu trois fois par mois et dans lesquelles les gens de pied, avec tous leurs bagages, faisaient, moitié au pas, moitié en courant, dix milles romains (environ deux milles géograj)hiques) tant à laller qu'au retour; la manœuvre
1. Alexandre Scvère avait décidé que les terres situées sur les frontières et attribuées aux militaires ne seraient trausmissibles lién^ditairemcnt du père au fils que si ce dernier était soldat; elles ne devaient jamais constituer une propriété privée. Larapride, Alexand. Scier., 58, 4 ; cf. Marquardt, De rorganisation militaire chez les Romains, p. 281, note I, et p. 3(u).
2. .^larquardt, ouv. cil., p. 281-281, surtout j). 2S2, note I.
3. Sur ce serment, cf. ."\Iarquardt, oiiv, cil..^ pj). i4(3» i58.
4- C'était la durée ordinaire du service des légionnaires. Cependant ils servaient aussi vinj^t-cinq ans, dans les derniers temps de l'Empire. Cf. Marcpiardt, ouv, cit., p. 282, note 5.
[decursio., le saut, la nage, rescrime et le maniemeut des armes de jet, la voltige, les travaux de fortification ^ » Victrice développa singulièrement dans ces labeurs quotidiens ses forces corporelles. Il donna à ses membres une trempe d'acier qu'ils conservèrent jusqu'à un âge très avancé. Vers la fin de son épiscopat, il faisait encore montre d'une vigueur et d'une endurance extraordinaires, en manœuvrant les énormes pierres qui devaient entrer dans la construction des murs de sa catliédrale'. Ces travaux matériels qu'il entreprit alors pour la gloire de Dieu lui rappelaient sûrement les œuvres du même genre qu'il avait accomplies dans sa jeunesse au service de César''.