Ducbesne, om\ cit., p. JoS. Sur cette cérémonie
Lorsque la jeune fille avait reçu au pied de l'autel, avec la béncdiction épiscopale, le voile* qui svmbolisail, comme le flammeiis (\es épouses, son union avec le Christ, elle ne s'appartenait plus; elle était vraiment l'épouse du Christ. Les canons prévovaient le cas où, trahissant ses engagements soit par le mariage, soit par un commerce illégitime avec un homme, elle serait déchue de sa diijrnité. Son crime était alors traité comme un véritable adultère. Le pape Innocent, que Victrice interroge à ce sujet, répond : « La vierge qui aura violé son serment ne doit pas même être admise à la pénitence, tant que son complice sera de ce monde'. Car si une femme qui, du vivant de son mari, en épouse un autre, est considérée comme adultère, et si on ne l'admet pas à la pénitence avant que l'un des deux soit mort, à plus forte raison faut-il traiter avec la même rigueur celle qui, après avoir contracté
cf. s.iiiit Arabroise, De Firglnibus, lib. I, cap. xii, u° 6G ; lib. III, cap. I, n" I ; j4d f^irpincm Inpsam, cap. v, n° i().
1. Sur le voile de l'oblatiou. cf. Salomon Reinacli, Compte rendu de l'Académie des Inscriplions, 1 1 novembre 1897, P- ^\i-
2. « Nisi de sacciilo reccsserit. » Plusieurs manuscrits portent « de bac vita n-cesscrit. » C'est l)ien le sens iudi(|ué par le contexte. Cependant certains critiques traduisent : « sortir du monde pour entrer dans un monastère. » Cf. note, in li. loc, Migne, /', /-. t. XX, col. .i79.
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union avec l'Epoux immortel, a convolé ensuite à des noces humaines'. »
La vie de ces vierg;es, que saint xA.mbroise appelle « les chevalières de chasteté » : milius castitatis-, entraînait certaines mortifications spéciales dans Tusage des aliments, des bains, du sommeil. Les festins ou fêtes de famille leur étaient interdits. Tout dans leur extérieur devait respirer la modestie. Rien qu'à les voir, dit l'évèque de Milan, il fallait qu'on reconnût en elles des épouses du Christ^.
Leurs journées comprenaient des exercices variés, tels (|ue la lecture, le travail manuel et la prière*. L'oraison primait toutes leurs autres occupations. Il leur était plus particulièrement prescrit de prier à l'heure du lever, avant et après le repas, au moment de l'encens, et enfin
1. Innoceut, Ep. II, cnj). xiir. loc. cil. Le discours Ad Firgiiiem lapsain, altrihuti à saiul Aiubroise, est plus sévère encore; il n'admet pas que la coupable, même j)éuilcnte, reçoive jamais l'absoluiion deTEglisc. Cap. vni, II- 38