‹ Saint VictriceChapitre 53 sur 101 · Ibid., cap, xii, n" ag · texte numérisé non relu

Ibid., cap, xii, n" ag

n'est pas sans complaisance qu'il se livre à ces exercices de haute métaphysique. A plusieurs reprises il éprouve le besoin de s'en expliquer et presque de s'en excuser. « Au milieu de tant d'allégresse, dit-il, nous avons échauffé notre livre du tumulte des questions (abstraites). Ce n'est pas sans raison : car la poursuite de la vérité est un plaisir pour celui qui la cherche* ». Ce qu'il a surtout à cœur de démontrer, c'est que la plus minime relique d'un saint possède une vertu divine. Pour l'établir, il a recours à une série de preuves et de comparaisons tirées de l'Ecriture sainte et de la nature. Son argumentation peut se réduire à ceci : Tout corps humain provient de la chair d'Adam ; l'humanité est donc corporellement une; elle est une aussi, spirituellement et immatériellement, car nous sommes incorporés au Christ, et l'Esprit de Dieu habite en chacun de nous. C'est ce même esprit divin qui anime les saints dans le ciel et sur la terre. Mais l'esprit est chose indivisible; partout où il est, il se trouve tout entier. Si donc il est tout entier dans les corps des saints, il l'est pareillement dans chacune des parcelles de leurs corps. La vertu divine qui opère dans les saints

I. « Indagatiu enira verilatis voluplas est inquirentis. » Cap. IX, n" i8.

et par les saints opère par conséquent dans la plus menue de leurs relicjues, in niniutiis*.

Reprenons son texte : « Les xApùtres et les saints, par la merveille d'un mystère spirituel, par Timmolation de leur corps, par Toffrande de leur sang, par le sacrifice de leur passion, se sont élevés sur le trône du Rédempteur : Lorsque le Fils de rho/7ime, dit l'Evangile, sera assis sur le trône de sa gloire^ vous aussi vous siégerez sur douze tribunaux, Jugeant les douze tribus des fils d'Israël^ De même qu'il n'y a rien de dissemblable (entre eux et le Christ) dans la profession, ainsi tout leur est commun dans la vérité de la divinité.... N'est-il pas écrit : Je monte vers mon Père et vers votre Père^. Si donc le Père est commun, communs sont les fds; si les fils sont communs, commun est l'iiéritage ; si l'héritage est commun, commune est l'éternité. Les saints ont été, en efTet, par leurs victoires, gratifiés de l'immortalité. Il reste donc que l'autorité des volontés (divine et humaine) ne soit pas divisée, mais unie. Et c'est ce que garantit encore l'Ecriture : Quils soient tous un, comme vous, Père, vous êtes en moi et moi en vous, et

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