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Cap. viii, a" i5-iG

88 SAINT VICTRTCE.

« Voyez le soleil, combien vastes sont ses bienfaits; il remplit et illumine tous les espaces de la terre, tous les domiciles, tous les yeux, et cependant sa richesse ne se retire pas de lui. Il répand ses dons et il les reçoit; il possède autant qu'il donne ; il donne, et il reste le maître des choses qu'il a données. De même, avant le jour du jugement, la splendeur des justes se répand dans toutes les basiliques, dans toutes les églises, dans le cœur de tous les fidèles, pour se recueillir et rentrer en elle-même lorsqu'elle prendra le rôle de juge.

Si quelqu'un trouve cette comparaison vile, qu'il sache que c'est déjà une grandeur et non une erreur de comparer les choses corruptibles aux divines, les petites choses aux grandes. Les premiers principes qui ne rentrent pas dans un genre ne peuvent être définis. Même abaissée, la substance de la divinité retient eu soi la dignité (incomparable) de sa ressemblance; on ne trouve ni quantité, ni qualité, à laquelle la Trinité puisse être comparée. La raison céleste est matière d'enseignement, mais elle reste incommunicable. L'exemple du soleil nous enseigne donc la divinité, mais ne se confond pas avec son unité. Tout le monde sait que Dieu a fait de rien ce qui n'était pas; et c'est là que

se brise souvent la virulence des dialecticiens*. « Si Dieu donc, Tauteur des choses, a tiré du néant ce vase spirituel et ces membres, pourquoi n'aurait-il pu transformer en la substance de sa lumière un corps animé et comme pénétré du ferment du sang Nous savons que les anges sont remplis de l'esprit brûlant de la majesté

divine Si donc le sang est dans le corps, et

si le sang lui-même est mêlé à l'ardeur suprême, nul doute que les bienheureux ne forment qu'un seul et même cœur avec le tout. Que ces mêmes reliques des justes ne nous fassent donc pas tomijcr dans l'erreur du vulgaire; soyons bien persuadés que ces restes sacrés des apôtres contiennent la vérité de toute leur passion corporelle. Et crions, de toute notre foi, que dans les reliques il n'y a rien qui ne soit plein. Car là où la vertu est entière, là les membres sont entiers. Nous disons que la chair est contenue dans l'essence du sang, et nous affirmons que l'esprit, tout dégouttant de la rosée du sang, a reçu du V^erbe son ardeur enflammée. S'il en est ainsi, il est très certain que nos apôtres et nos martyrs sont venus à nous avec toutes leurs vertus*.

I. « Dialrcticonim virus elidiliir. u Ciij). ix, n" 17. a. C;i|). i\. Il"" 18-19.

« Pourquoi donc les appelons-uous des reliques? Parce que les mots sont les images et les signes des choses. On met, sous les yeux, du sang et de la terre. C'est ce que nous désignons par le nom de reliques, faute de pouvoir les désigner autrement. ]Mais, en disant que le tout est dans la partie, nous n'ouvrons pas les portes des lumières corporelles, mais les yeux du cœur.... Toute partie que l'on appelle espèce ne renferme-t-elle pas nécessairement en elle-même la vertu et la définition du genre? Que si dans la définition du genre sont compris les éléments des espèces, comment la plénitude de la cliair ne serait-elle pas également dans les reliques, puisqu'il y a en elles un seul et même esprit'? Nous montrons ainsi que le tout peut être dans la partie. C'est pourquoi nous ne pouvons nous plaindre" de l'exiguité (des reliques), car, en disant que rien de ce qui est le genre n'a péri dans les corps saints, nous marquons avec certitude que ce qui est divin ne peut être amoindri, parce qu'il est tout en tout et que, lii où il est d'une façon quelconque, il est tout entier. Les saintes lettres nous ap|)rcnnenl que le corps de-

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