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CHAPITRE VIII

LE MÉTUOPOLITVIN ET LE MLSSIO>XAIRE

Ce fut pendant répiscopat tic saint Viclrice que s'o])éra en Gaule la nouvelle division des provinces, d'où naquirent les diverses métropoles civiles appelées à devenir un peu plus tard des métropoles ecclésiasti([ucs. Depuis près de quatre-vingt-dix ans, Rouen vivait sous le régime inauguré par Dioclétien (297), et était la capitale de la Seconde Lvonnaise, qui comprenait toute la région située entre la Bresle et la Loire. Vers 385', Tliéodose, entre autres changements administratifs, scinda la Seconde Lyonnaise et distribua les cités qui relevaient d'elle entre

r. Sur celle date, cf. Moniinsen, f'crzeit/inis (1er rôniisclivn Provinz'ien aufgcsctz iiii 297, dans ythliandluii^cn dcr honigl, Aliddemie der Jf'isscnc/iaf'leu zti Derliii, 1SG3, Bcrliu, i863, p. 487-538. Mémoire Iraduil en français par E. Picot avec une aulre «-Uide de Mommsen sur Poléniius Silvius [Revue arcliéolog. de Paris, de juin 18GG à janvier 1867). La Troisième Lyonnaise figure pour la première fois dans la liste de Pok'mius Sihiiis, rédigt'-c avant 386.

deux métropoles, Rouen et Tours. Bayeux, Avranclies, Evreux, Séez, Lisieux, Coutances restèrent railacliés à Rouen ; Tours devint la métropole du 31ans, de Reunes, de ÎSantes, d'Angers, de Quimper, de Vannes, de la civitas Osisniorum (Coz Castel Acb') et de la civitos Diahlintum. Vienne demeura toujours le siège du vicariat des sept (en réalité des dix-sept) provinces', entre lesquelles se subdivisait la Gaule du centre et du midi.

On pourrait se demander si cette nouvelle distribution des provinces ne fut pas Toccasiou d'un voyage que l'évêque de Rouen, Viclrice, et l'évêque de Tours, JNTartin, firent de concert à Vienne. Du moins est-il sûr que Paulin de Noie signale leur présence en cette ville vers 586*. C'est de là que date l'admiration de Paulin pour Victrice. « J'eus le bonheur, écrivait-il plus tard, de voir alors votre sainteté auprès de notre bienheureux père Martin, dont le Seigneur vous faisait l'égal, bien que vous lui fussiez inférieur

1. Sur cette dénomination, cf. E. Desjardins, Gëo^rapliic de la Gaule romaine, t. HI, p. 488-489.

2. C'est la date qu'indique Lagrange dans sa f'ie de saint Paulin, p. 72-76. Ce qui est sûr, c'est que cette rencontre eut lieu bien avant le l)a])têine de Paulin (cf. Paulin, Ep. xviii), baptême que Lagrange fixe avec une très grande vraisemblance en 389 (ouv. cil., p. 97).

en âge Je me réjouis et je puis du moins me

faire gloire d'avoir contemplé votre visage. INIais je déplore ma négligence et mon malheur d'avoir perdu l'occasion d'un si grand bienfait, faute de le connaître. J'étais alors enténébré, non seulement par mes péchés qui m'oppriment toujours, mais encore par les soucis de ce siècle, dont, grâce à Dieu, je suis maintenant délivré. Si bien que je n'ai vu en vous que l'évéque qui était devant mes yeux, et que je n'ai pas su voir, ce qui était bien plus illustre, le martyr \ivant*. »

Nous ne saurions indiquer au juste quel ordre d'intérêts avait conduit à Vienne l'évéque de Rouen et celui de Tours. C'est par conjecture seulement que nous rattachons leur voyage à la délimitation de leurs provinces. Les questions d'ordre ecclésiastique qui pouvaient résulter de cette importante réforme ne devaient pas être tranchées dans la vallée du Rhône.

Du reste, le temps n'était pas encore venu, où les évoques de Rouen et de Tours pussent exercer sur leurs comprovinciaux une réelle autorité. A cette date la hiérarchie est loin d'être parfaitement organisée dans 1 Eglise des Gaules.

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