I. Natale III, traduction Ozanam
13i SAINT YICTRICE.
indifTérent. Sulpice Sévère lui envoie ses premiers écrils sur saint Martin de Tours, auquel il a voué une particulière vénération. Mais il est une autre ligure d'évéque qui l'attire presque au même de^ré: c'est celle de Victrice.
Il avait déjà entrevu l'évêque de Rouen à Vienne, comme nous l'avons remarqué. Un pèlerinage qu'il fit à Rome vers 3^8 fixa de nouveau son attention sur lui. Il eut la bonne fortune de rencontrer, aux tombeaux des saints Apôtres, deux disciples de Victrice, le diacre Pascliasius et un catéchumène du nom d'Lrsus. Pascliasius était un des clercs les plus pieux de l'église de Rouen. Paulin crut apercevoir en lui « le reflet des vertus et des grâces » qui ornaient l'âme de Victrice. Aussi conçut-il le dessein de l'emmener à Noie, afin d'étudier plus à fond l'évêque de Rouen dans cet autre lui-même. Pressé par ses instances, Pascliasius consentit à l'y suivre, en compagnie d'Ursus. Mais la joie que Paulin se promettait d'une telle société fut troublée par la maladie. Sa guérison, il est vrai, fut assez prompte. A l'en croire, Pascliasius y contribua par sa présence et ses pieux entretiens, « qui refaisaient le corps, en rafraîchissant l'esprit ». Mais l'état d'Ursus, tombé malade à son tour, lui ins[)iia bientôt une mortelle inquiétude.
Malgré la protection de saint Félix, sur laquelle il comptait, il désespéra un moment de le sauver, et pour plus de sécurité il voulut que Paschasiuslui administrât le baptême dans son lit*. Cette intempestive maladie força les pèlerins rouennais à prolonger plus que de raison leur séjour à Noie. Paulin n'était pas pour s'en plaindre. Cependant il crut devoir en fournir l'explication à Victrice, que la longue absence de ses disciples avait pu justement alarmer. La lettre qu'il lui adressa en cette circonstance est l'une des plus précieuses que contienne sa correspondance et mérite d'être ici analysée- :
au bienheureux et vénérable Père Victrice, Paulin.
c( Ce que nous désirions depuis quelque temps sans 1 obtenir, nous est arrivé inopinément tout à coup par la grâce de Dieu : l'occasion nous est donnée d'écrire h votre sainteté par un serviteur de la foi ou plutôt par ce frère qui est à la fois vôtre et nôtre dans le Seijrneur. Nous avons rencontré à Rome, aux fêtes du jour natal de l'Apôtre, notre frère, le benoît diacre Pascbasius, que nous avons