‹ Saint VictriceChapitre 78 sur 101 · Ep. XVIII · texte numérisé non relu

Ep. XVIII

accueilli avec d'autant plus de véuération et d'amabilité que nous avons vu qu'il appartenait de corps et d'esprit au clergé de votre sainteté. Il désirait retourner vers vous, et nous approuvions cette hâte pieuse d'un très juste désir. Mais nous avouons la violence que nous lui avons faite, en Temmenant à Noie par amour pour vous ; il nous a semblé qu'un souffle de votre esprit pénétrerait avec lui dans notre demeure, et que nous jouirions plus longtemps d'un peu de voire f^ràce en voyant et possédant celui en qui tout révèle un disciple de votre façon, et un compagnon de vos voies : la modestie des mœurs, l'humililé du cœur, la mansuétude de l'esprit, la foi véiitable, et un langage en tout assaisonné de sel. C'est pourquoi pardonnez à notre frère en nous, ou pardonnez-nous en lui ; car, soit que vous blâmiez son retard, soit que vous inculpiez notre présomption, l'un et l'autre délit trouvera devant vous son excuse dans la charité du Seigneur, au nom de laquelle il fut forcé de nous obéir, et nous, de notre côté, n'avons pas craint de le prendre et de le retenir, non par arrogance, mais en toute simplicité, persuadé (jue ce qui est à vous est ii nous, et ne doutant pas non plus qu'en retour vous ne considériez que Pascliasiuséliiil toujours avec vous durant le temps que vous saviez (|u'il

avait passé près de nous. Car, si nous sommes séparés de corps par la distance des lieux, nous sommes unis dans l'esprit du Seigneur, partout répandu, en qui nous vivons et nous demeurons, en qui nous ne faisons qu'un seul cœur et une seule âme.

« Si nous avons gardé ce frère, c'était pour vous aimer dans les membres de voire corps et dans les franges de votre vêtement. Cependant la maladie nous a fait perdre beaucoup de temps en interrompant nos joies. » Et là-dessus Paulin raconte ses propres souffrances et les transes dans lesquelles le mil la maladie d'Ursus. Il rend témoiornaffe au dévouemenl sans bornes de Paschasius, qui soigna son compagnon comme eût fait une mère. Si Ursus a échappé à la mort, c'est sûrement grâce à la sollicitude du pieux diacre et aussi grâce à la « puissance du saint confesseur et maître de céans ', notre bien aimé Félix ». Le catéchumène est d'ailleurs devenu un fidèle. « Le Seigneur qui veille toujours sur vous, sur votre église et sur tous les vôtres, eu quelque lieu qu'ds soient, le ramènera en votre présence sain et sauf, désormais libre du péché, et serviteur de la justice. Nous ne doutons pas qu'il

I. Dnniiiio'Jium ^= Domiitiis xdiuiii. Le mcme mol se lit dans Paulin, F^pp. ix et x, et yaUile vu.

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n'acquière, s'il inéiiie de parvenir jusqu'à vous, un grand accroissement de foi, avec Paschasius jiour émule, et avec vous pour maître de tous deux. >>

Paulin ajoute qu'il a appris de Paschasius, ce

Tychicus d'un autre Paul', par quelles voies Dieu

a conduit Viclrice des rangs de l'armée impériale

sur le siège de Rouen. Nous avons là en raccourci

les principaux épisodes de la vie du pontife. Les

merveilles qu'il a opérées dans sa ville épiscopale,

son apostolat en Morinie et chez les Nerviens, et

surtout son martyre, tout est précisé. Paulin se

pliiîl à rappeler tant d'œuvres qui font la gloire

de Viclrice, puis il ajoute : « Comment nous

clt.nner que vous sovez si puissant en mérites et

si riche en grâces, lorsque l'apprentissage des

vertus chrétiennes a été pour vous ce qui est

pour un petit nombre le couronnement de longs

labeurs? Pouvons-nous douter maintenant que

vous ne soyez parlait, vous qui avez commencé

par la perfection ? Pouvons nous douter que vous

ne soyez légitimement couronné, votre course

achevée, vous (jui avez commencé à courir ayant

déjii g:>gné la cuuionne? Qui nous donnera des

1. n r\cliiciis, liais carissimus fraler et fidelis ininisiri iii Duiuino. » Allusion à l'Epiiie aux Kj)lR'siens,

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